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Les laboratoires de la haine : une enquête sur le Front national à Beaucaire

Portraits croisés de deux villes frontistes : Beaucaire et Mantes-la-ville. / © F3LR
Portraits croisés de deux villes frontistes : Beaucaire et Mantes-la-ville. / © F3LR

"Les laboratoires de la haine", ou la face cachée du frontisme municipal, vient de paraître. Son auteur Hacène Belmessous étudie comment le Front (rassemblement) national gère notamment Beaucaire et comment l'idéologie identitaire imprègne la vie des citoyens. Sur place, rencontre avec le chercheur.

Par Sylvie BONNET et Carine ALAZET

Comment le Front national, devenu Rassemblement national, gère-t-il les villes conquises aux dernières municipales? Et comment l'idéologie identitaire imprégne-t-elle la vie des citoyens, notamment à Beaucaire, dans le Gard, ou à Mantes-la-ville, près de Paris?
Cette enquête sur la face cachée du du frontisme municipal est parue le 7 février dernier et son auteur, Hacène Belmessous, l'a présentée la semaine dernière dans la cité gardoise qu'il a étudiée. Devant un public très attentif, en grande partie des citoyens déjà sensibilisés.
 

La libération de la parole raciste


Une ville moyenne, en déclin économique à l'ombre d'une métropole attractive... L'essayiste a effectué plusieurs séjours à Beaucaire à partir de 2015. Derrière la carte postale du port, le chercheur a voulu comprendre à quoi ressemble une gestion municipale frontiste et ses conséquences sur la vie sociale.
D'après le chercheur, l'arrivée du Front National a opéré quelque chose de spectaculaire et d'inquiétant : la libération de la parole raciste.  Hacène Belmessous se dit surpris de l'ampleur du phénomène. 

"Les gens n'hésitent absolument pas à faire état de la haine de l'Arabe, du musulman... Pas tous, bien sur. Mais il n'y a plus cette retenue sociale (Rappelons-le, le racisme n'est pas une opinion mais un délit) à dire ce que l'on pense de celui que l'on n'aime pas" explique le chercheur.
 

Fin de non-recevoir pour la mairie de Beaucaire

 
"Gargamel est occupé à manger des enfants... afin de permettre à Hacène Belmessous d'écrire un tome 2 sur les abominations faites par le très méchant maire de Beaucaire" C'est en substance le communiqué laconique que Julien Sanchez a adressé à la presse pour décliner toute rencontre avec l'écrivain et toute réaction à cette enquête. Une manière de tourner en dérision l'essai très sérieux sur lequel Hacène Belmessous a planché pendant 3 ans.
 

"Le Rassemblement national, une machine de guerre idéologique implacable..."


L'autre élément pointé par le livre, c'est l'absence de réaction de l'Etat et des élus d'opposition quand une décision municipale semble à la limite de la légalité... Mais pour les Beaucairois présents, réagir au quotidien ce n'est pas si simple.
Hacène Belmessous, l'auteur de l'étude "Les laboratoires de la haine", en visite à Beaucaire. / © F3LR
Hacène Belmessous, l'auteur de l'étude "Les laboratoires de la haine", en visite à Beaucaire. / © F3LR

" C'est compliqué de juste attaquer sur l'idéologie" explique Luc Perrin, élu de l'opposition de gauche beaucairoise. 
Il faut aussi comprendre au quotidien comment ça fonctionne. Et pourquoi les Beaucairois trouvent des qualités à ce maire et à ce parti. Et si on rentre dans le conflit direct, on va le victimiser et on n'est pas efficace, au contraire"

Avec son livre, l'objectif affiché du chercheur est avant tout de lutter contre la banalisation de l'idéologie du Front national, devenu Rassemblement national. Fera-t-il mouche?  Réponse l'an prochain, lors des municipales en 2020.


A Beaucaire, Carine Alazet et Christelle Nicolas ont rencontré l'auteur des Laboratoires de la Haine lors d'une réunion publique.
Les laboratoires de la haine, une étude sur le FN à Beaucaire
Carine Alazet et Christelle Nicolas ont rencontré l'auteur de l'étude, Hacène Belmessous à Beaucaire. - F3LR


 

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