Déconfinement : des mesures sanitaires strictes pour la reprise des cours dans les collèges du Gard

Dans le Gard, près de 3.500 élèves, soit 20% à peu près des effectifs, doivent effectuer leur rentrée cette semaine dans les 52 collèges gérés par le conseil départemental. Après deux mois de crise liée au coronavirus, des protocoles sanitaires stricts ont été mis en place . 
 

Le collège Romain Rolland à Nîmes a accueilli ses premières élèves ce lundi 18 mai.
Le collège Romain Rolland à Nîmes a accueilli ses premières élèves ce lundi 18 mai. © Google street view
Ils ont dû s'adapter en fonction de leurs moyens, mais tous les collèges du Gard ont pu rouvrir leurs portes ce lundi 18 mai, même si une petite partie des effectifs était en classe. La reprise s'est déroulée par demi-groupes ou de manière échelonnée. Certains établissement ont pu assurer la restauration à midi. Pour les autres, les parents avaient dû préparer des repas tirés du sac. Au total, plus de 450 agents du conseil départemental ont été mobilisés.


A Sommières, des groupes de 10 et repas au réfectoire

A Sommières, le collège Gaston Doumergue a pris en charge ce lundi 34 élèves de 6ème et 5ème sur un effectif total de 883 inscrits. La direction de l’établissement s’était préparée à en accueillir le double, d’autant que les transports scolaires, utilisés par 87% d’entre eux, fonctionnent à nouveau. Elle avait au préalable demandé aux parents de dire s’ils comptaient mettre leurs enfants en classe.
 

A 8h30, les élèves ont dû se soumettre à des règles strictes : appel, vérification d’une prise de température au domicile, gel hydro alcoolique, masques (le collège en a distribué lorsque c’était nécessaire), mouchoirs jetables, bouteille d’eau (les fontaines communes étant condamnées), serviette pour s’asseoir en cours d’EPS.

Je ne pensais pas vivre cela un jour. La vie n'est plus comme avant.

Les enfants ont ensuite été disposés dans la cour par groupes de 10, espacés de 1,20 mètre grâce à des repères au sol. Tout le matériel commun (tables de ping-pong, bancs) avait été condamné. "Lorsque je les ai vus ainsi, le masque sur le visage, avoue le principal Jean-Philippe Blum, je me suis rendu compte que la vie n’était plus comme avant. L‘ambiance était tout de même très particulière. Je ne pensais pas vivre cela un jour".

En se pliant aux sens de circulation dans les couloirs, les élèves se sont ensuite rendus pour toute la matinée dans une même salle de classe où portes et fenêtres avaient été préalablement ouvertes afin d’éviter toute manipulation des poignées. Chacun des deux cours au programme a été ponctué par un passage obligatoire aux toilettes avec lavage des mains avant et après. Et, au changement de professeur, les enfants ont pu profiter d’une pause d’un quart d’heure dans la cour par groupes de 20, en respectant la distanciation sociale. Pendant ce temps-là, tous les bureaux étaient désinfectés.

Nous avons tenu compte des besoins des parents. Les élèves sont accueillis toute la journée.


L’après-midi, le dispositif mis en place a été exactement le même mais dans des salles différentes, pour permettre la désinfection complète des locaux utilisés le matin. "Et si nous avons choisi la plus large plage horaire, de 8h30 à 17h, explique le principal, c’est pour faciliter l’organisation des parents qui avaient besoin d’aller travailler toute la journée".

Au collège de Sommières, le réfectoire peut accueillir 250 élèves, répartis par tables de huit. Ce lundi midi, ils n’étaient que deux par table. Plateaux, couverts, verres, entrées et desserts avaient déjà été disposés. Les enfants n’avaient plus qu’à récupérer leurs plats chauds préparés et distribués par du personnel masqué et ganté, en respectant la distanciation sociale.


Au collège Capouchiné à Nîmes, une reprise par demi-groupes

Au collège Capouchiné à Nîmes, seuls les élèves de 6ème ont repris le chemin de la classe, la moitié ce matin, l’autre moitié cet après-midi. Ce sera la même chose ce mardi pour les 5èmes. Au total, 65 à 70 enfants auront mis fin à deux mois de confinement. La première partie des cours a été précisément consacrée à cette période si particulière. Les enseignants ont demandé aux élèves comment ils l’avaient vécue et leur ont expliqué l’importance des gestes barrière.

Céline Cazes est professeure principale au sein de l’établissement. Elle enseigne l’EPS. Elle avait ce lundi après-midi huit collégiens avec elle. "Pour cette reprise, j’ai voulu quelque chose de ludique. J’ai donc consacré la fin de mon cours à un jeu, chacun restant assis à sa place".

Je suis rassurée. Visiblement, les enfants n'ont pas peur du tout.

Pour les séances d’EPS, la salle de handball abritera du demi-fond. Des couloirs de 2 mètres de large sont prévus, séparés de 10 mètres. Et dans la salle de basket, seront programmées des activités de fitness et musculation ou de danse et expression corporelle.

Pour l’enseignante, "voir le masque obligatoire, les effectifs réduits et ces adaptations, c’est très étrange. Mais ce que je veux, c’est entendre les enants me dire q'ici, ils ne risquent rien. ".


Au collège Romain Rolland à Nîmes, une rentrée échelonnée

En zone d’éducation prioritaire, dans le quartier du Chemin-Bas à Nîmes, le collège Romain Rolland a accueilli ce lundi matin 32 élèves. Pour des raisons de sécurité, la rentrée a été échelonnée de 7h55 à 8h30 en 5ème, de 8h55 à 9h30 en 6ème. L’opération a été répétée en fin de matinée, en début d’après-midi et en fin de journée, aucun enfant ne restant ce midi à la cantine. L’établissement assurait la distribution des masques aux collégiens, pris ensuite en main par leurs enseignants respectifs. Toutes les familles avaient été appelées par téléphone pour connaître leurs intentions. 

Je m’inquiète surtout pour les élèves les plus en difficulté. Il va falloir les prendre en charge.

Pour joindre tout le monde, la direction a fait appel à des associations de quartier avec lesquelles elle a l’habitude de travailler. "Il va surtout falloir convaincre les parents d’enfants en difficulté scolaire, explique la principale Nacera Belkaïd. Je m’inquiète pour eux même si nous assurons la continuité pédagogique à distance. Les relais sur le terrain vont nous être très utiles. Mais je comprends la crainte et la réticence de certaines familles".

Des solutions doivent également être trouvées à propos des réinscriptions pour la rentrée de septembre. ''Pas question, dit la principale, d’accueillir des parents dans l’établissement. Or, certains n’ont aucun accès Internet. Nous allons nous adapter et essayer de trouver des systèmes D. De surcroit, nous ne savons absolument pas à quoi va ressembler cette rentrée. Cette situation inédite est tout de même très bizarre".


Au collège Via Domitia à Manduel, une reprise sans stress

A Manduel, une cinquantaine d'élèves de 6ème et 5ème ont retrouvé une partie de leurs enseignants sans le moindre stress. "L'ambiance était très calme, raconte la présidente de l'association des parents d'élèves, Kelly Bovet Garcia. Contrairement à une rentrée classique, les enfants n'étaient pas du tout excités. Ils étaient contents de reprendre. Ils ont conscience de la présence du virus et de l'importance des mesures sanitaires".

 

Quelques enfants qui s'étaient inscrits ne sont pas venus. D'autres qui n'étaient pas prévus se sont présentés et ont été accueillis. "Tout s'est très bien déroulé précise Kelly Bolet Garcia, également vice-président de la FCPE du Gard. Il faut dire que les parents avaient été rassurés par le dispositif que l'établissement avait présenté jeudi dernier. Nous remercions d'ailleurs tous les agents pour le gros travail de préparation qu'ils ont fait".
 

"La sécurité de nos enfants n’a pas de prix" 

L’ensemble des mesures sanitaires appliquées pour cette rentrée aura nécessairement un coût pour la collectivité. "Il est tôt pour évaluer l’impact budgétaire précis, admet le président du conseil départemental Denis Bouad. Mais la santé et la sécurité de nos enfants n’ont pas de prix. S’il y a un domaine sur lequel je ne veux pas qu’on lésine, c’est bien celui-là".

Le département assure que tous les moyens ont été déployés pour cette rentrée. "Nous étions prêts garantit la vice-présidente déléguée à l’éducation et aux collèges Nathalie Nury. Toutefois, personne ne doit oublier que pour réussir ce déconfinement, cela passe également par l’engagement de chacun".

Ce lundi, seuls les classes de 6ème et 5ème pouvaient reprendre les cours. Pour les 4ème et 3ème, il faudra attendre une décision gouvernementale à la fin du mois. Tout dépendra de l’évolution de la crise sanitaire.
 

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