Baptême du feu pour la nouvelle base d'avions de la sécurité civile de Nîmes-Garons

Nîmes-Garons (Gard) - les appareils de la sécurité civile sur leur base prêts à entrer en action. / © F3 LR
Nîmes-Garons (Gard) - les appareils de la sécurité civile sur leur base prêts à entrer en action. / © F3 LR

La nouvelle base nationale d'avions de la Sécurité civile, transférée en avril de Marignane dans les Bouches-du-Rhône à Nîmes-Garons, offre des avantages opérationnels. Mais pour sa première et intense saison des feux, elle n'est pas épargnée par les critiques de certains pilotes.

Par FD avec afp

23 avions bombardiers d'eau sur une base à 18 millions d'euros


La base nationale de Garons qui a coûté plus de 18 millions d'euros et regroupe 23 avions bombardiers d'eau, 12 Canadair, 9 Tracker, deux Dash 8 et trois avions Beechcraft de reconnaissance, "est neuve et nécessite encore des réglages" mais "c'est un outil merveilleux", affirme à l'AFP le préfet Jacques Witkowski, directeur général de la Sécurité civile.

Pour le Syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile (SNPNAC majoritaire), Stéphan Le Bars a dénoncé au cours des dernières semaines la non-disponibilité de certains appareils en maintenance. Il conteste également le détachement temporaire régulier de 2 avions sur Marignane.

"Certains caprices désorganisent la stratégie de lutte contre les feux de forêt", assure à l'AFP le pilote syndicaliste. "Nous sommes effarés de voir que les élus demandent deux avions sur Marignane lorsque les risques sont très sévères", dit-il.


Selon lui, le temps de vol de Nîmes à Marignane ne justifie pas cette mesure. Il est de 17 minutes, précise-t-il.

"Comme nous mettons 18 minutes entre le déclenchement de l'alerte et le décollage car il y a moins de trafic aérien que sur Marignane, nous pouvons parler de 35 minutes entre la sirène et l'arrivée des avions sur la zone de Marseille".


Il insiste en revanche sur "l'importance pour la Corse de voir son dispositif aérien opérationnel dès le 15 juin, avec deux Canadair à Ajaccio et deux Tracker à Solenzara".

"Cette année, lors des gros feux sur le continent et la Corse, période du 23 au 29 juillet, la faible disponibilité des moyens aériens n'a pas permis de transférer des appareils vers la Corse car il manquait 25% de la flotte de lutte", assure le pilote.

Le préfet Witkowski estime ce débat "sans fondement", assurant que les détachements temporaires sont décidés uniquement en fonction des risques incendies déterminés par des experts. Il n'y a "jamais eu de manque d'avions" depuis le début de la saison des feux, martèle-t-il.

"Jamais d'encombrements au décollage" à Nîmes-Garons


M. Le Bars relève également que la base de Nîmes n'a qu'une piste - alors que celle de Marignane en possédait deux, "un point critique en cas d'immobilisation d'un appareil sur la piste en départ feux", cas de figure qui
s'est déjà produit une fois.
Mais pour Jacques Witkowski, "les problèmes au décollage étaient beaucoup plus nombreux à Marignane et l'immense majorité des aéroports militaires n'ont qu'une piste".

A Nîmes,"il n'y a jamais d'encombrements au décollage" et les avions disposent ainsi d'une "autonomie assez considérable" pour évoluer vers l'est ou l'ouest, étant positionné à l'épicentre de la façade méridionale, ajoute le préfet.
Alors que Nîmes-Garons se veut à terme un véritable pôle européen de Sécurité civile avec un important volet formation, M. Le Bars demande avant tout que "le tableau d'armement des pilotes soit complet".

"Nous devrions être 82 pilotes pour opérer sereinement, nous sommes aujourd'hui 73", dit-il.


Le directeur général de la Sécurité civile parle de "82 postes budgétés". Des départs ont été enregistrés, qui "s'expliquent notamment par le fait que certains des pilotes très expérimentés ont été recrutés par des compagnies aériennes". Le recrutement de ces "profils très spécifiques", à 80% des anciens militaires, prend du temps, souligne-t-il.

La Basc était installée depuis 1963 à Marignane. Le ministre de l'Intérieur avait annoncé début 2013 son transfert sur l'aéroport de Nîmes-Garons, où se trouvait déjà le groupement d'hélicoptères de la Sécurité civile, suscitant des résistances, notamment parmi les pilotes.
Les autorités avaient mis en avant l'exiguïté et le vieillissement des installations sur l'aéroport international de Marseille-Marignane, avec de fortes contraintes foncières et opérationnelles en raison du développement du trafic aérien.

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