Dispositif 2023 de lutte contre les incendies : plus d'hommes, plus d'engins et plus d'avions mobilisés, dès le 1er juin

Alors que le risque incendie est élevé en raison de la sécheresse, dans de nombreux départements d'Occitanie, dont le Gard et les Pyrénées-Orientales, la sécurité civile, les pompiers, les sauveteurs, les agents de l'ONF et Météo France ont présenté le dispositif de lutte prévu cet été en France. Reportage sur la base aérienne de Nîmes-Garons.

Le gouvernement a annoncé le 11 avril dernier un renforcement "inédit" des moyens de lutte contre les feux de forêt, après un été 2022 marqué par des incendies majeurs.

Cela signifie plus d'appareils bombardiers d'eau, d'engins terrestres, de pompiers et de militaires.

Neuf avions et hélicoptères bombardiers d'eau supplémentaires seront loués en 2023, portant le nombre d'appareils de 38 à 47 et près de 500 sapeurs-pompiers supplémentaires seront mobilisés.

"L'été 2022 a été terrible. Nous mettons en oeuvre des moyens inédits pour l'été 2023 qui seront encore renforcés par la suite" a dit Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, assurant que 180 millions d'euros alloués aux Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) permettraient l'achat de 1.100 engins de lutte contre le feu.

La présentation du dispositif 2023 à Nîmes-Garons

Une intervention, c'est comme une chorégraphie millimétrée. D'abord, le retardant au sol, puis depuis les airs. Ensuite, l'arrivée des soldats du feu, appuyés par les Canadair.

A l'approche d'une saison estivale particulièrement redoutée, la Sécurité civile se prépare, épaulée par les pompiers mais aussi par Météo France et l'Office National des Forêts. Ils seront cette année en alerte maximale dès le 1er juin, soit un mois plus tôt qu'en 2022.

Avec tout ce qui nous a été donné comme moyens supplémentaires, les renforts des colonnes territoriales et tout le dispositif national de coordination, on est plus prêt que l'année dernière, sauf qu'on ne sait pas ce que nous réserve la météo.

François Pradon, chef d'état-major de la Sécurité civile.

A Nîmes, 12 Canadair se tiennent prêts, mais ce ne sont pas les seuls engins bombardiers d'eau. La flotte française dispose également de 3 avions beechcraft et de 7 Dash, bientôt un 8e loué pour l'été. Et chaque appareil à sa spécificité.

Le Canadair, il largue de l'eau (ndlr : environ 6 tonnes) qu'il a collecté par écopage. Son rôle, c'est de maitriser et d'éteindre le feu. Pour le Dash, c'est plus du largage de retardant (ndlr : 10 tonnes) pour encadrer le feu et éviter qu'il progresse.

Camille Flottes, co-pilote d'avions "Dash-8" de la Sécurité civile.

Ajoutez à cela, 37 hélicoptères bombardiers d'eau disséminés partout sur le territoire, et une centaine de pilotes qui vont se relayer tout l'été. Sans oublier, les moyens départementaux de premières interventions comme les Air Tractor ou les Trush 710T, comme c'est le cas dans l'Hérault.

Côté humain, au sol, 51 "colonnes" de 70 hommes, contre 44 l'an dernier, pourront renforcer les pompiers, a expliqué François Pradon, qui salue également l'achat de 1.000 camions qui s'ajouteront aux 4.000 déjà disponibles.

Des avions basés en Gironde pour l'été

Le ministre de l'Intérieur a précisé que des moyens aériens seraient positionnés en Gironde, comme le réclamaient les élus locaux depuis les incendies de l'été dernier qui y ont brûlé environ 32.000 hectares.
Quatre avions bombardiers d'eau de type Air Tractor et un Dash seront positionnés à Bordeaux à partir du 1er juillet, et un hélicoptère bombardier d'eau à partir du 1er juin. En outre, deux Canadair pourront être positionnés en Gironde, 48 heures avant un risque signalé par la nouvelle "météo des forêts".

Une carte "météo des forêts"

Ce nouvel outil apportera une information synthétique à tous sur la sévérité du risque feu, pour les deux prochains jours, à partir des prévisions des conditions propices à l’éclosion et à la propagation de feux de forêts et de végétation : pluie, humidité et température de l’air, force du vent, état de sécheresse de la végétation.

La carte du danger incendie se présentera sous la forme d’un niveau de risque par département, sur une échelle de 4 niveaux, comme la carte des risques météo. Elle sera mise à jour 2 fois par jour.

Elle s'appuiera notamment sur l'indice forêt météo (IFM), développé au Canada à la fin des années 70, et utilisé en France depuis 22 ans.
La valeur moyenne de l'IFM a augmenté de 18% entre la période 1961-1980 et la période 1989-2008. À l’horizon 2040, l'IFM moyen devrait progresser de 30% par rapport à la période 1961-2000. Certaines simulations montrent que cette augmentation pourrait atteindre jusqu’à 75% d’ici à 2060. À cette échéance, des années comme 2003, 2016 ou 2022 deviendraient ainsi la norme en matière de danger météorologique de feux de forêts.

Des messages de prévention accompagneront les niveaux de risque les plus élevés, afin de rappeler les bons réflexes et éviter les comportements à risque dans les départements et périodes identifiées.

Des hommes et une nouvelle base de la Sécurité civile

Le gouvernement a également précisé que la quatrième Unité militaire d'instruction et d'intervention de la sécurité civile, dont la création avait été annoncée à l'automne par Emmanuel Macron, serait implantée en Nouvelle-Aquitaine, avec l'arrivée de "565 militaires".

La région Nouvelle-Aquitaine sera également le lieu d'implantation d'une future deuxième base aérienne de la sécurité civile, en France, après celle de Nîmes-Garons.