Gard : polémique au lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon avec un recensement des “Professeurs décrocheurs”

Une vive polémique a éclaté au lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon, dans le Gard, après l’envoi d’un mail de la FCPE. Il invitait les parents d’élèves à “recenser les professeurs décrocheurs”. Certains enseignants y ont vu une forme de délation voire de fichage.

Villeneuve-lès-Avignon (Gard) - Lycée général et technologique Jean Vilar - archives
Villeneuve-lès-Avignon (Gard) - Lycée général et technologique Jean Vilar - archives © Google street

“Recenser les profs décrocheurs afin d’en donner la liste au DASEN”, la formule a mis le feu au poudre. Dans ce mail adressé aux parents d’élèves jeudi 22 avril, la FCPE du lycée Jean Vilar à Villeneuve-lès-Avignon demande les noms des professeurs “qui n’auraient donné aucune visio lors des semaines de cours en distanciel, aucune leçon sur ENT ou Pronote, n’auraient proposé ni corrigé aucun exercice” afin de pouvoir communiquer ensuite cette liste à la direction de l'académie.

Le couriel a rapidement été transmis aux professeurs par l'un des parentes d'élèves.

Publié sur twitter par un professeur de technologie, représentant syndical, puis repris sur les réseaux sociaux, ce message a déclenché un véritable tollé des enseignants qui dénoncent un appel à la délation.

De twitter à Facebook,et suite au mail de la FCPE du lycée Jean Vilar dans le Gard,  les réactions d'enseignements se multipliées sur les réseaux sociaux à l'image de ces captures prises le 29 avril 2020
De twitter à Facebook,et suite au mail de la FCPE du lycée Jean Vilar dans le Gard, les réactions d'enseignements se multipliées sur les réseaux sociaux à l'image de ces captures prises le 29 avril 2020 © FTV

“On ne peut pas employer le terme de professeur décrocheur, c’est hors de question”, s’indigne Pascal Gasquet, le secrétaire départemental SNUI-FO dans le Gard.
“Les professeurs font leur métier. Leur métier c’est d’enseigner et devant des classes, le reste ça relève de situation de crise qui n’est pas gérée par nos responsables et à laquelle on ne peut pas faire face correctement. Et donc, inévitablement quand on crée une situation trouble et bien les réactions sont elles aussi troubles.”

Face à cette accusation selon laquelle certains professeurs n'assureraient plus leurs cours en distanciel, le syndicaliste dénonce un problème politique : “Je pense que cette stigmatisation des enseignants est à mettre au compte du ministre qui lui même parle d’enseignants décrocheurs donc qui sous-entend que l’on peut avoir un comportement qui n’est pas normal alors que lui même tente d’imposer ce qu’il appelle un enseignement à distance qui en fait n’existe pas, qui n’est pas réglementé et qui est sur la base de la bonne volonté de l’enseignant.”.

La FCPE fait marche arrière

Face à l’ampleur de la polémique, la FCPE nationale a dénoncé sur Twitter une pratique de délation contraire à ses valeurs. 

Ce mail précisait que cette directive émanait directement de la FCPE du Gard mais cette dernière s’en défend. Sa présidente évoque une erreur d’interprétation. “Notre demande a été mal comprise par ce conseil local. Notre demande à nous était de recenser le nombre d’heures de cours que les élèves n’ont pas eu, pour les mettre sur la plateforme ouyapascours.fr”, explique Kelly Bovet, répétant un discours bien préparé par son bureau.

Ouyapascours est un site internet lancé en 2009 par la FCPE nationale, elle recense les heures de cours manquantes aux élèves en raison notamment des non-remplacements des professeurs absents. Un moyen de revendiquer des postes supplémentaires dans l’Education nationale.

La section locale de la FCPE, quant à elle, n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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