Gard : trouver aides pour les manadiers, menacés par la crise liée au coronavirus

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, l'activité des manadiers tourne au ralenti. A Nîmes, un commerçant est à l'origine d'une initiative pour aider cette profession en péril. Il s’est lancé dans la vente de verres éco-responsables dont il reverse une partie aux manadiers.
Gard - Une manade avec des guardians en petite Camargue.
Gard - Une manade avec des guardians en petite Camargue. © MaxPPP - Matthieu de Martignac
Depuis plus de six mois, l’activité des manadiers est quasiment interrompue. En cause notamment, l’annulation de nombreuses fêtes votives en raison de l’épidémie de Covid-19 qui impacte fortement les revenus de cette profession. "Sur une année les fêtes votives représentent 60 millions d’euros au total. Tout cela part en fumée. On demande simplement de pouvoir travailler", exprime Frédéric Lescot, manadier.

Plan Camargue

Pour aider les manadiers, des aides ont été débloquées par la Région en mars dernier avec l’opération "plan Camargue". Une aide mensuelle de 2 500€ avait à l’époque été débloquée. Une aide qui s’est poursuivie pendant toute la période de confinement. Mais voilà que depuis le mois de mai, elle a été suspendue alors que l’activité de ces professionnels peine à redémarrer.
 

Verres éco-responsables

Face à ce constat, Christophe Brunetti, gérant d’une brasserie à Nîmes, a lancé une initiative. Il vend des gobelets réutilisables aux férias d’Arles et de Nîmes au bénéfice des manadiers. Vendus 1€, 45 centimes seront ensuite reversés à cette profession.  Ces verres sont floqués de la croix gardianne, tricolore et portent le slogan "solidarité camarguaise".
 

L’objectif c’est d’aider les gens qui nous entourent afin de conserver nos traditions, nos territoires. Sur l’année 2021 nous tablons sur un million de verres, ce qui permettrait de générer 450 000 euros de bénéfices pour la société gérée par les manadiers.

Christophe Brunetti, initiateur du projet de soutien aux manadiers

Une initiative saluée par cette profession mais qui demeure aujourd’hui insuffisante face à la situation de ces professionnels. "On est en train de mourir. Que serait la Camargue sans les manadiers, sans les taureaux ? Les politiques ne se rendent pas compte qu’il y a une importante économie autour de notre activité.  Aujourd’hui nous sommes plus que menacés", Bérenger Aubanel, manadier.

Gel des charges, création d’un fonds d’aide d’urgence spécifique : pour les élus, il est aujourd’hui urgent d’agir. "C’est un sujet préoccupant, c’est la question de la survie de nos traditions qui est en jeu. Nous sommes un ensemble d’élus à frapper à différentes portes pour mettre des propositions sur la table", précise Nicolas Meizonnet, député du Gard.

Les Ministres de l'Economie et de l'Agriculture ont été interpelés concernant l'impact de la crise sanitaire sur les manades, sans retour jusqu'à ce jour. 
 
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