Trafic de cannabis dans un salon de thé de Nîmes : 4 à 15 ans de prison requis par le parquet

Publié le Mis à jour le
Écrit par Josette Sanna et Valentin Pasquier

La justice a requis ce 10 novembre des peines allant de 4 à 15 ans de prison pour les huit individus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour trafic de cannabis et participation à une association de malfaiteurs. En 2019, le GIGN avait saisi 108 kilos de drogue dans un go-fast.

Pour le parquet de Nîmes, il s'agit d'"une organisation basée sur la peur et la terreur". Ce 10 novembre, l'avocat général a requis des peines de prison allant de 4 à 15 ans à l'encontre de chacun des huit mis en cause dans l'affaire de la saisie de 108 kg de résine de cannabis dans une voiture à l'été 2019. Ils sont poursuivis pour des faits de "trafic de stupéfiants" et notamment d’"importation" et de "participation à une association de malfaiteurs".

Si les prévenus n'ont "pas le même degré d'implication dans le trafic" et que certains n'auraient été que "des remplaçants", le parquet de Nîmes a estimé juste de les condamner chacun à des peines de prison et à des amendes allant de 8 000 à 20 000 euros, "importantes, mais remboursables sans pour autant tomber de nouveau de l'illégalité". Car ce réseau a fait preuve de solidarité : les prévenus, sans doute sous pression, n'ont pas hésité à s'auto-incriminer pour dédouaner le principal intéressé, le Nîmois Mohamed El Oualhani.

Plusieurs voyages

Ce dernier était absent lors de l'audience, retenu au Maroc pour cause de confinement lié à l'épidémie de la Covid-19. Le parquet de Nîmes a requis contre celui qu'il considère comme "l'organisateur" du réseau la peine de 15 ans de prison, assortie de 50 000 euros d'amende. Un mandat d'arrêt a été déposé à son encontre. El Oualhani, récidiviste, a déjà fait l'objet de dix condamnations.

Les huit mis en cause auraient effectué plusieurs voyages, notamment en février 2019, entre le Gard et l’Espagne. Quatre d’entre eux avaient été arrêtés sur A9 par le GIGN à leur retour d’Espagne, fin juin 2019, les autres ont été interpellés peu après. Ils auraient été en surveillance au péage du Boulou.

Salon de thé et cannabis

A bord des deux voitures qui servaient à transporter la drogue, dont une Opel louée pour le Go-fast, trois sacs avaient été saisis. A l’intérieur les enquêteurs avaient trouvé 108 kilos de cannabis, dont le parquet a estimé la revente à 648 000 euros.

Mohamed El Oualhani et d’autres personnes interpellées avaient leurs habitudes dans un salon de thé dans la quartier des Jonquilles à Nîmes. Le site, sous surveillance des gendarmes était considéré par les enquêteurs comme le lieu de vente de la drogue.

Ce salon de thé aurait également servi à Mohamed El Oualhani à blanchir l’argent de ce trafic de stupéfiants. Soupçonné d’être à la tête de ce réseau, il devra répondre également de faits de blanchiment et comme les autres il sera jugé pour trafic de cannabis et association de malfaiteurs.

Les hommes de main

Pour Maître Khadija Aoudia, en défense, il ne faut pas se tromper de cible. " Il y a dans le box, les homme de main, pas les têtes de réseau qui eux ne s'exposent pas aux intepellations. Ceux qui sont jugés ont transporté la drogue". A l'audience, les prévenus qui reconnaissent à minima leur participation se sont montré en effet peu diserts sur celle de leurs complices présumés. 

"Ils ne sont pas libres de leur parole car la pression est importante dans les trafics de stupéfiants. Effectivement, ils se limitent à leurs déclarations mais il ne faut pas les titiller sur l'origine des fonds et la provenance du cannabis.

Me Khadija Aoudia, avocat


Les débats devant le tribunal correctionnel sont prévus jusqu’au 13 novembre.
 
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité