Mort du policier Éric Masson : "c'est un individu ivre de violence", la perpétuité requise contre l'accusé qui a avoué être l'auteur du tir mortel

Ilias Akoudad, 22 ans, accusé d'avoir tué le policier Éric Masson le 5 mai 2021 à Avignon, a finalement reconnu les faits lors de son procès aux Assises du Vaucluse. Il niait pourtant être l'auteur du tir depuis 3 ans. Ce jeudi, l'avocate générale a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre lui. Soit la peine maximale.

Trois ans après le meurtre du policier Eric Masson, abattu à l'âge de 36 ans sur un point de deal au cœur d'Avignon, la perpétuité a été requise ce jeudi contre Ilias Akoudad.

Le jeune homme, arrêté quatre jours après le drame à Remoulins dans le Gard, a reconnu devant la cour avoir tué le policier en civil tout en maintenant qu'il ignorait la fonction de la victime. "Je savais pas que c'était un policier" a-t-il déclaré.

Un meurtrier dangereux "ivre de violence"

"C'est un individu ivre de violence" coupable, selon l'avocate générale, d'avoir "exécuté sans sommation" sa victime.

Soulignant la "dangerosité" de l'accusé et la nécessité de "protéger la société", Florence Galtier a également réclamé une période de sûreté de 22 ans, soit la peine maximale encourue. 22 ans, l'âge exact d'Ilias Akoudad aujourd'hui.

Dans le box, le jeune homme est resté plié en deux durant le réquisitoire de presque deux heures, devant la cour d'assises du Vaucluse, invisible du public composé de dizaines de policiers.

Eric Masson a été exécuté sans sommation, par un individu ivre de violence, fier du geste accompli. Ses aveux ont été parfaitement orchestrés. Vous ne serez pas dupes de cette ficelle grosse, très grosse.

Florence Galtier, avocate général aux Assises du Vaucluse.

Et l'avocate générale poursuit sa démonstration en s'adressant aux jurés.

Pour elle, il était "absolument impossible" de prendre ces deux policiers pour des dealers concurrents. D'où la peine maximale requise à son encontre.

Les aveux lors du procès

Après avoir nié pendant presque trois ans, l'accusé a finalement admis lundi, face à un dossier accablant, avoir tiré sur Eric Masson, le 5 mai 2021, à Avignon.

Je lui ai posé une question : "Est-ce que vous êtes en train de vendre ?". Je suis un con, j'ai voulu faire mon beau.

Ilias Akoudad, auteur du tir mortel.

Mercredi lors de l'audience des assises du Vaucluse.

Ilias Akoudad, 19 ans au moment des faits, est poursuivi pour meurtre avec la circonstance aggravante que la victime est une personne dépositaire de l'autorité publique, et pour tentative de meurtre, toujours sur un policier, le collègue d'Eric Masson.

De plus, il est en état de récidive.

Comme l'ont souligné les avocats de la partie civile, dans ce dossier, ce n'est pas tant la peine qui sera observée que la qualification pénale.

"Nous voulons que cette qualité de policier soit reconnue", a martelé mercredi Me Philippe Expert dans sa plaidoirie, en mesurant la tâche ô combien "douloureuse" et "compliquée" de la cour, qui devra décider du sort d'un jeune homme qui risque l'"emmurement à vie".

Mercredi, à l'invitation de son avocat Me Frank Berton, Ilias Akoudad s'est adressé au père d'Eric Masson, lui-même ancien policier dans le Gard à Bagnols-sur-Cèze : "Je lui présente mes excuses, les mots sont très faibles".

Sur les bancs, la mère du policier, sa veuve, mère de leurs deux filles, sa sœur et son frère n'ont pas réagi. Son père n'a pris la parole que pour lui répondre...

Qu'on m'épargne les faux regrets.

Marc Masson, père du policier tué et ancien policier à Bagnols-sur-Cèze.

Le verdict est attendu ce jeudi soir ou vendredi.