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Nîmes : des Gilets jaunes sans avocat pendant leurs gardes à vue

Nîmes - Hôtel de police - archives / © F3 LR
Nîmes - Hôtel de police - archives / © F3 LR

Le 15 janvier 2019 à Nîmes, 12 Gilets jaunes du Gard convoqués au commissariat n'ont pu bénéficier de l'assistance d'un avocat pendant leurs gardes à vue, en raison, selon eux, de la journée de grève "justice morte". Une pétition a été mise en ligne.

Par Valérie Luxey

Convoqué par le commissariat de police de police mardi 15 janvier 2019, Rémi, Gilet jaune du Gard, a été placé 24 heures en garde à vue, avant d'être relâché. Mais il n'a pas été assisté d'un avocat, cette journée coincidant avec celle de la grève des avocats opposés à la réforme de la justice. Lee jeune-homme, qui ignore le déroulé des procédures, considère que ses droits n'ont pas été respectés :
 

Mes droits à moi ont été bafoués parce que je ne sais pas comment fonctionne la justice. Et du coup, y a pas eu un avocat pour me dire de me taire ou de demander ci ou ça... ça a été 24 heures d'enfer.


Procédure légale selon le procureur


En tout, 12 Gilets jaunes auraient été entendues sans assistance juridique. Au terme des gardes à vue… 6 personnes ont été présentées jeudi 17 janvier  devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour la dégradation du centre des impôts, durant la nuit de la Saint Sylvestre. Pour Eric Maurel, le procureur de la République de Nîmes, ces auditions n'en sont pas moins légales :
 

Je considère que les procédures sont régulières : je les ai soumises à l'examen d'un juge, parce que je suis défenseur des libertés publiques. Il appartiendra aux avocats de contester, comme dans un Etat de droit, la régularité de ces procédures devant un juge.


La loi prévoit un avocat dès le début de la procédure


Les 6 prévenus ont demandé un délai pour préparer leur défense. Ils devraient être jugés le 12 février. La loi prévoit que la personne gardée à vue doit être immédiatement informée par l'officier de police judiciaire, dans une langue qu'elle comprend, de son droit d'être assisté par un avocat, choisi par elle ou commis d'office, dès le début de la procédure. Voici le reportage d'Esmeralda Terpereau et Josette Sanna.
 
Nîmes : des Gilets jaunes sans avocat pendant leurs gardes à vue
Conséquence de la journée "justice morte", le 15 janvier 2019 à Nîmes, 12 Gilets jaunes convoqués au commissariat n'ont pas pu bénéficier de l'assistance d'un avocat pendant leurs gardes à vue. Une pétition est en ligne pour dénoncer cet état de fait. Avec Rémi et Laure, Gilets jaunes, et Eric Maurel, procureur de la République de Nîmes. - France 3 Occitanie/Pays Gardois - Esmeralda Terpereau, Josette Sanna


Ce que dit la loi


Si le gardé à vue demande un avocat, sa première audition, sauf si elle porte uniquement sur son identité, ne peut pas débuter sans sa présence. Le magistrat chargé de l'affaire (juge ou procureur) peut cependant autoriser une audition immédiate. À son arrivée, l'avocat peut s'entretenir avec son client pendant 30 minutes et consulter :
  • Ses procès verbaux d'audition,
  • Le procès verbal constatant le placement en garde à vue,
  • L'éventuel certificat médical établi.
L'avocat peut assister à tous les interrogatoires et prendre des notes. À la fin de chaque interrogatoire, l'avocat peut poser des questions. L'officier de police judiciaire peut s'y opposer uniquement si celles-ci sont de nature à nuire au bon déroulement de l'enquête. L'avocat peut également faire des observations dans lesquelles il peut noter les questions refusées. Ces observations sont jointes à la procédure. Si le gardé à vue est transporté dans un autre endroit, son avocat est immédiatement averti.
 

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