Nîmes : procès d'une filière djihadiste à Paris

Tribunal correctionnel de Paris
Tribunal correctionnel de Paris

Cinq gardois sont jugés à Paris depuis ce lundi 18 septembre devant le tribunal correctionnel pour leur participation à une filière djihadiste. Il sont soupçonnés "d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme" ou "de financement d'une entreprise terroriste".

Par Olivier Le Creurer

Procès d'une filière djihadiste en provenance de Nîmes
Cinq gardois sont jugés à Paris depuis ce lundi 18 septembre devant le tribunal correctionnel pour leur participation à une filière djihadiste. Il sont soupçonnés "d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme" ou "de financement d'une entreprise terroriste".


Filière d'envoi de combattants jihadistes en Syrie


Le 20 décembre 2012, le Procureur de la république de Paris saisissait la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) d'une enquête préliminaire pour des faits d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme concernant une dizaine d'individus originaires de Nîmes qui auraient rejoint depuis 2010,2011, des groupes jihadistes en Syrie. 

Anas Ouhdif, Benoît Roussillon et Fatima El Khayari ont été interpellés le 17 juin 2014. A l'issue de leur garde à vue, ils ont été mis en examen pour leur rôle présumé à des degrés différents dans une filière d'envoi de combattants jihadistes en Syrie. Mohamed Skalab était interpellé suite à son expulson par les autorités turques alors qu'il sortait de Syrie le 2 août 2014 et Djeson Bloner le 27 janvier 2016.

Son rêve: se faire exploser dans un train 

Anas Oudhdif est considéré comme le meneur et référant religieux. Les surveillances téléphoniques concernant Benoît Roussillon, originaire de Caissargues démontrent un profil inquiétant à une jeune fille. Il parlait d'actions violentes en France à l'encontre notamment de la communauté juive. Il lui explique que son rêve est de "se faire exploser dans un train", en disant qu'il y aurait des jambes et des bras partout. Benoît Roussillon parle de tuerie "dans une synagogue peut-être". Le jeune fille lui demande: " à Paris ou à Nîmes ?", il répond "à Nîmes", expliquant que les policiers et les juifs sont plus faibles à Nîmes qu'à Paris. 

En audition, Benoît Roussillon ne conteste pas les propos tenus au téléphone, expliquant que c'était "juste pour épater les filles." Il déclare s'être converti à l'Islam en 3ème et qu'il avait choisi un islam rigoriste "car les Musulmans sont craints et respectés" et qu'il souhaitait être lui aussi respecté. 

Maître Karim Morand-Lahouazi, avocat Benoît Roussillon. / © A. Belderrein
Maître Karim Morand-Lahouazi, avocat Benoît Roussillon. / © A. Belderrein

Une vingtaine de noms


Anas Ouhdif, Benoît Roussillon , Mohamed Skalab et djéson Bloner sont partis en Syrie combattre auprès de l'Etat islamique. Au cours des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé des fusils à pompes, des drapeaux de Daesh et des vidéos sur le maniement des armes. Fatima El Khayari est poursuivi pour un rôle secondaire. Elle est accusé de financement d'entreprise terroriste pour avoir envoyé de l'argent à ses frères en Syrie. Elle dit ne pas connaître les quatre homme dans le box.

Ils sont cinq dans le box des accusés mais d'autres noms apparaissent dans la procédure, plus de 20 au total. Des habitants des quartiers Valdegour, Pissevin ou du centre ville de Nîmes très souvent encore en fuite ou morts au combat.

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