Policier jugé à Nîmes pour avoir tué son ex-compagne : la préméditation au coeur des débats

 Jean-Régis Jullien a-t-il prémédité le meurtre de Carine son ex-compagne, le 27 févier 2016 sur la Rocade d'Alès. Il l'a abattue  dans sa voiture avec son arme de service devant leur enfant de deux ans. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
© FTV France 3 Occitanie
"Je viens de tuer ma femme, je me rends", c'est ce qu'aurait affirmé à ses collègues l'ancien policier juste après les faits, lorsqu'il s'est rendu au commissariat d'Alès.

Jean-Régis Jullien 39 ans a pris place dans le box des accusés où il doit rester quatre jours jugé pour le meurtre de son ex-compagne, le 26 février 2016 sur la rocade d'Alès. L'homme a tué Carine avec son arme de service. La jeune femme de 24 ans a été atteinte de plusieurs balles tirées en pleine tête par son ancien compagnon dans sa voiture et sous les yeux de leur fils de deux ans.
Tête baissée dans le box, Jean-Régis Julien, 39 ans, fuit le regard des frères de Carine Ramière.
Dès l'ouverture de son procès, l'accusé a pris la parole pour dire et répéter qu'il n'avait pas prémédité son geste.

Ce jour-là je ne voulais pas attenter à sa vie. A aucun moment je n'ai voulu lui ôter la vie". Je conteste la préméditation.

Jean-Régis Julien, l'accusé

Pourtant ce jour-là il la suit en voiture et la bloque au milieu de la rocade d'Alès, descend de la voiture et avec son arme de service l'abat de trois balles. Pour ses avocats, c'est un acte de folie.
"Je crois qu'il est très difficile d'imaginer ce qui a pu se passer dans la tête de monsieur Julien ce jour-là et c'est diffcilement explicable pour lui. Tout l'objet de cette audience sera de parvenir à avoir une explication pour comprendre les ressorts psychologiques qui l'ont conduit à cet acte", précise Maître Clémence Cottineau en défense

Des centaines de messages

Durant les deux mois qui ont précédé le drame, l'accusé avait envoyé près de 1 700 SMS à son ex-compagne. Elle avait porté plainte contre lui pour des appels malveillants.
Jean-Régis Jullien a prémédité cet acte, les parties civiles présentes à l'audience en sont convaincues. Les derniers mois, la victime se serait sentie espionnée et elle craignait pour sa vie. 

"L'enjeu de ce procès est que la responsabilité pleine et entière de Mr Jullien soit établie. Ce procès aurait dû se tenir il y a un an. Il y a beaucoup de frustrations à la suite de ce renvoi .

Maître Michaël Corbier, avocat de la partie civile

"A présent nous souhaitons que la justice passe et qu'elle puisse passer de façon pleine et entière ", répond Maïtre Mickaël Corbier, avocat de la partie civile.

Trente témoins

D'abord prévu l'an dernier sur deux jours, le procès avait été renvoyé à la demande de la défense afin qu'il puisse se dérouler plus sereinement et sur plusieurs jours en raison du nombre important de témoins. Une trentaine est attendue à la barre. Le verdict est annoncé pour jeudi soir.
L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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