Procès du "roi des poubelles" à Nîmes : 30 ans requis contre Belliure, absent avant le verdict, 8 ans contre Perez et Mammad et 5 ans pour Alouache

Après l'interrogatoire des cinq accusés jeudi, aux Assises du Gard, ce vendredi est consacré aux plaidoiries et aux réquisitions dans le procès de Richard Perez et ses quatre complices présumés. L'avocat général a requis de 5 à 30 ans de prison. 8 ans pour l'ex roi des poubelles de Nîmes. Le verdict est attendu dans la soirée.

L'affaire remonte au 22 février 2013, à Nîmes. Richard Perez est accusé d'avoir commandité l'assassinat de Raymond Houlonne, un rival. Le projet a tourné court quand une patrouille de police alertée par des voisins inquiets de voir des individus roder à proximité de leur résidence arrive sur place. Une fusillade éclate alors avec les policiers. Un individu armé prend la fuite, Jean-Baptiste Belliure, l'autre, Hakim Mammad, est arrêté.

L'auteur des tirs sur le policier absent le dernier jour du procès

Ce vendredi matin, aux Assises, sur les cinq accusés qui comparaissent libres depuis lundi, un, Jean-Baptiste Belliure, l'auteur des tirs contre les policiers, ne s'est pas présenté à l'audience. C'est lui qui encourt la peine la plus lourde.

Autre absent de marque du procès, Raymond Houlonne, introuvable. C'était la cible du projet d'assassinat. L'homme, qui n'est pas venu témoigner et qui ne s'est même pas porté partie civile est sous le coup d'un mandat d'amener du tribunal.

Un projet criminel avorté

L'avocat général a requis 30 ans de réclusion criminelle contre Jean-Baptiste Belliure (65 ans), une peine de 8 ans de prison contre Richard Perez (60 ans) et Hakim Mammad (51 ans) et 5 ans pour Robert Allouache (51 ans). Enfin, l'acquittement pour Djemel Khadir (43 ans).

M. Belliure est absent, il a compris quand l’expert a démontré que son ADN était sur le fusil. On a des constatation, un travail d’enquête des policiers cohérent.

Bertrand Baboulène, avocat général.

Pour lui, "les quatre principaux accusés se sont faits avec des difficultés dans la vie : social, judiciaire. Ils se réfèrent à la loi du plus fort : un code d’honneur. Ils entretiennent un rapport de loyauté. On les entend dire, c'est mon frère. Ils se sont mis en marge de la loi. Ils assument. Ce sont des personnes qui vivent dangereusement. Un équilibre bien fragile qui passe par des accords temporaires, des motifs qui cassent et c’est la guerre. Ils ne communiquent pas de façon précise mais par SMS, de façon courte. Des langages codés car ils craignent tous des surveillances et des écoutes. Pourtant, au moment des faits aucun n’était sur écoute. Le travail d’écoute s’est fait après".

"Ces gens du milieu qui préfère régler les problèmes entre eux"

L'avocat général, après avoir évoqué le passé et le passif des hommes dans le box, des récidivistes, des malfaiteurs bien connus de la police et de la justice, tous condamnés à plusieurs reprises, s’est intéressé à leur ressenti actuel et au policier victime des tirs, ce soir de février 2013.

Ce dossier jugé 11 ans après, ça les énerve ! Ils savent très bien l’enjeu pour eux. C’est le risque de quitter le monde qu’ils ont aujourd’hui. Ce dossier est ancien. Pour eux, dans leur milieu, c’est une péripétie de plus. Pour eux, c’était un événement... ils ne veulent plus en entendre parler. Ce milieu n’aime pas que la police, ou la justice, règle leur problème. Ils préfèrent les régler entre eux.

Bertrand Baboulène.

Et il ajoute, "Même si c’est une affaire ancienne, j’aimerais avoir un mot pour M. Fayolle. (ndlr : le policier visé par les 2 tirs). Il a été confronté à la mort en service. C’est un traumatisme. Il a pensé à l’enfant qu’il venait d'avoir. Il n’est pas payé pour tirer sur des gens, ni se faire tirer dessus. Il est payé pour arrêter des individus dangereux. Pour ce traumatisme, on lui doit une justice juste et sévère".

Richard Perez répond à l’avocat général "on ne lui a jamais tiré dessus".

Une requalification partielle

"Ce dossier m’oblige à parler de façon juridique. On est en face d’une organisation qui fonctionne en mode criminel. Il y a une première action criminelle qui n’est pas dirigée sur le policier. Mais il y a le grain de sable, les riverains qui ont appelé la police. M. Belliure qui a tiré 2 fois et a tenté d’abattre le policier. Le coup de feu de M. Belliure n’implique pas les autres accusés".

Le premier projet criminel, la tentative d'assassinat, tous les accusés ont été renvoyés pour tentative ou complicité d’assassinat. Mais l'avocat général préfère parler d'une association de malfaiteur. Ce ne sont que des actes préparatoires. D'où la requalification des faits.

Écrit avec D.Iberrakene.

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