Réforme des retraites et 49.3 : à Uzès, les manifestants multiplient les fronts pour contester

La mobilisation contre la réforme des retraites continue partout en France, après le passage en force de la loi jeudi 16 mars. À Uzès dans le Gard, une centaine de manifestants s'est donné rendez-vous ce samedi 18 mars.

À Uzès dans le Gard, l'intersyndicale appelait à une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites samedi 18 mars. Les militants ne sont pas refroidis par le passage de la loi. Ils sont même au contraire particulièrement remontés contre l'utilisation du 49.3 par le gouvernement. Ils cherchent de nouveaux moyens d'exprimer leur colère face à l'indifférence de l'exécutif.

"Ce 49.3 est un déni de démocratie", crient les manifestants. Ils étaient à peine une centaine samedi matin au départ de la manifestation, tous très remontés contre la réforme et les méthodes du gouvernement. Ce samedi, leur colère est montée d'un cran, ils cherchent à le traduire dans leur mobilisation.

Une mobilisation approuvée

"On ne va pas casser le village, ça n'a aucun intérêt, donc comment on peut monter d'un cran ? Comment on peut contenter la population ?", s'interroge Philippe Alby, secrétaire de l'union locale CGT Pays d'Uzès. "On se rend au marché aux herbes, qui est un peu une vitrine d'Uzès, pour dire qu'on n'est pas contents, en colère, et que le gouvernement n'écoute pas le peuple."

Dans les rues très vivantes d'Uzès, le cortège attire les regards, toujours, et les approbations, souvent. L'occasion pour les manifestants de grossir leurs rangs, et de récolter du soutien sous toutes ses formes. "C'est tout à fait normal. Je suis passée par là quand j'étais jeune aussi", assure Andrée, retraitée. "On a travaillé énormément, et pour avoir quoi ? Une putain de retraite à 700 euros ?", s'agace-t-elle.

"Il faut réveiller un peu les Français, parce qu'on dort là !"

Sobhé

à France 3 Occitanie

Sur le fameux marché, leur présence détonne, mais ils sont bien accueillis, y compris par les commerçants. Sobhé, traiteur sur le marché d'Uzès, n'est pas dérangé par les manifestants. "Au contraire, il faut réveiller un peu les Français, parce qu'on dort là !"

Bloquer par tous les moyens

Alain, fleuriste, est un peu moins enthousiaste. "Mon confrère a fait le marché d'Arles où ils ont bloqué la ville", retrace-t-il. "Là, ils ne bloquent pas la ville, il y a encore du monde", donc le commerçant ne se sent pas lésé.

Autre particularité de cette mobilisation, cette fois les militants veulent l'inscrire dans la durée, en investissant l'espace public. "On cherche par tous les moyens à se faire entendre", confirme Catherine, dans le cortège. Faire des filtrages aux ronds-points, bloquer l'économie... Rien n'est exclu. L'idée, c'est "qu'à un moment les patrons disent" au président : "Macron faut ranger ta réforme."

Mais en début d'après-midi, le rond-point choisi était encore très clairsemé, malgré la solidarité de nombreux automobilistes, aidés de leurs klaxons.