Tourisme. "On manque de logements pour nos salariés l'été", les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration recherchent 7.000 saisonniers

Sur le littoral de la Méditerranée, à Pâques, la saison touristique démarre. Et 2024 s'annonce compliquée pour les professionnels en quête de personnel. Du Gard à l'Aude, 7.000 emplois de saisonniers sont à pourvoir en urgence. Comment attirer les candidats ? Reportage au Grau-du-Roi.

Sur le pourtour du littoral méditerranéen, comme chaque année depuis 10 ans, il manque des saisonniers pour assurer les activités liées au tourisme. Ou plutôt, il manque des logements accessibles aux saisonniers et bon marché.

Je vais voir, certains maires se sont engagés à construire des logements pour les travailleurs saisonniers. C'est bien, car ils ne peuvent pas payer 400€ la semaine un studio ou sinon ils travaillent pour rien.

Jacques Mestre, Union des Métiers des Industries et de l'Hôtellerie.

Des loyers exorbitants en saison et peu de solutions

Pour qu’un travailleur saisonnier puisse profiter et vivre de son salaire, son loyer ne devrait pas dépasser 650€ par mois, selon les syndicats du tourisme. Difficile à trouver au Grau-du-Roi, où l’été, la population de la station balnéaire gardoise est multipliée par 14.

Conséquence, les loyers explosent… Et les professionnels s'organisent seuls, comme ils peuvent.

"Notre force, au Grand Café de Paris, c'est que l'on a deux logements où l'on peut loger 11 personnes maximum. Donc, l'été quand on a 27 ou 28 salariés, c'est un plus. En ce moment, je loge 4 employés. Les autres habitent dans le secteur" explique Thibaud Roc, patron associé du Café de Paris.

Un investissement que tous les professionnels ne peuvent pas se permettre, 9.000€ en moyenne pour un appartement à l’année, toute facture confondue.

"Nous, on n'a pas de logement et on prend du personnel sur place. C'est plus souple d'autant que l'on est ouvert tard, jusqu'à minuit, tous les soirs. Il faut des personnes motivées durant cinq mois et reposées à cause de nos horaires, donc ils ne peuvent pas loger à une heure de route" confirme Auriane Hennebert, présidente de la société Capsule 52.

Autre solution pour cet hôtelier, il envisage désormais de garder des chambres dans son établissement pour ses employés.

Avant je n'étais pas trop pour. Mais on a plus le choix. S'il faut le faire pour avoir du personnel de qualité... je le ferai.

Franck Bonfill, propriétaire de l'Hôtel d'Angleterre.

Là encore, cela occasionne des frais ou un manque à gagner qu'il faudra amortir.

Du Gard jusque dans l'Aude, 7.000 emplois saisonniers seraient encore à pourvoir sur le littoral.

En France, la pénurie de main-d’œuvre serait de 200.000 postes en permanence dans les secteurs de l'hôtellerie et la restauration, voire 300.000 en saison, sans compter 10.000 emplois vacants dans les campings et l'hôtellerie de plein air. Le recours à des travailleurs étrangers est toujours possible mais les employeurs se heurtent à nouveau au problème du logement.

Écrit avec P. Barbès.