Tuerie des Plantiers : "J'ai pété un plomb, je n'en voulais pas à Luc ni à Martial", affirme Valentin Marcone au premier jour de son procès

Le procès de Valentin Marcone a débuté devant la cour d’assises du Gard à Nîmes. L’accusé âgé de 32 ans doit répondre d’un double homicide. Il est accusé d'avoir tué, le 11 mai 2021, son patron, Luc Teissonière, 55 ans, et un de ses collègues, Martial Guérin, 32 ans, dans une scierie aux Plantiers dans les Cévennes gardoises.

Le procès de Valentin Marcone s’est ouvert ce mercredi 24 janvier 2024 à 9h devant une salle bondée. L’accusé, petites lunettes rondes, vêtu d’un pull vert pâle et d’un jean, est entré dans le box et a décliné son identité d’une voix fluette.

À la question du président Christian Pasta lui demandant s’il souhaitait garder le silence ou répondre aux questions, l’accusé a déclaré : "je vais répondre à vos questions". Après l’appel des témoins et une courte pause, Valentin Marcone est revenu s’asseoir dans le box avec un cahier sur ses genoux. Peu après le début de la lecture de l’ordonnance de renvoi, l’accusé a commencé à prendre des notes.

Comprendre pourquoi

Valentin Marcone a tué Luc Teissonière, son employeur, et Martial Guérin, un de ses collègues de travail, le 11 mai 2021 en arrivant sur son lieu de travail dans une scierie des Plantiers, dans le Gard. Rapidement, le président de la cour d'assises est entré dans le vif du sujet. Il a d’emblée cherché à comprendre pourquoi Valentin Marcone était armé et porteur d’un gilet pare-balles, comprendre "comment on en arrive là".

Le contexte  

L’accusé, avec force détails, explique le contexte. Il part d’un contentieux avec un ancien maire, son employeur d'alors. "Il n’était pas content que je le mette aux prud’hommes." Il dit avoir eu la visite du frère de l'édile "le jour, la nuit, plusieurs fois à son domicile" qui se cachait entre les voitures et surgissait devant la sienne. "Il n’arrêtait pas de m’embêter. Il a dit qu’il voulait me fumer. Il a arrêté le jour où j’ai mis une caméra sur ma voiture."

La bascule

L’accusé évoque une peur grandissante après que ses plaintes ont été classées sans suite. Il accuse un gendarme, ami du maire, de faux en écriture et d’avoir fait disparaître des preuves. Interrogé sur son passage à l’acte, il détaille la scène. Il affirme être arrivé à la scierie, avoir dit "bonjour". Son patron Luc passait l’aspirateur. Il dit être allé faire le plein d’essence de sa scie et en revenant, il aurait perçu la conversation sur son éventuel licenciement.

Je les ai entendus discuter, et Luc dire à Martial : il va falloir le virer sinon il va coûter cher à l’entreprise.

Valentin Marcone, accusé

Son patron lui aurait ensuite fait une remarque sur le fait qu’il ne l’aurait pas salué. "Pouquoi avez-vous tué Luc et Martial interroge Rémy Nougier ?", demande l’avocat des parties civiles. "Parce que j’ai pété un plomb. Avec tous les éléments accumulés, j’ai pété un plomb."

"Quand y avait-il eu pour vous une menace de licenciement ?", continue le président. "Le jour où j'ai tué Martial et Luc."

"Pourquoi n'avez-vous pas tué monsieur Amalric (le seul témoin)", continue le président. "Les deux autres étaient en face de moi, lui à ma droite, et quand je me suis tourné, il n'était plus là."

Vous être en train de nous dire que si Vincent avait été là vous lui auriez tiré dessus ?

Rémy Nougier, partie civile à Valentin Marcone

"Comme j'avais pété un plomb, peut-être". 

Le témoin du double homicide à la barre

Vincent Amalric a eu la vie sauve. Il affirme avoir imploré l'accusé de l'épargner : "Je t'en supplie, ne me tue pas", aurait-il lancé à l'accusé qui ne s'en souvient pas.

Appelé à la barre cet après-midi, le jeune homme aujourd'hui âgé de 22 ans raconte la scène agrippé au pupitre. Il évoque le ton qui monte entre les victimes et l’accusé qui n’aurait pas dit bonjour puis les coups de feu. "Il a tiré deux fois sur Luc, c’était tellement rapide et deux fois sur Martial. J’ai vu que les deux avaient pris une balle dans la tête."

Quand tu as vu Luc tomber tu as compris qu’il était mort ? Oui j’ai vu son sang sortir de sa tête.

Echange entre Rémy Nougier, avocat des parties civiles et Vincent Amalric, témoin

Interrogé aux assises

"J’ai pensé que j’allais y passer. Les images resteront à vie. Luc était plus un collègue qu’un patron. Martial c’était un ami, un grand frère", souffle le jeune homme à la barre. Au cours de son audition, on en apprend un peu plus sur l’ambiance à la scierie. Luc Teissonière, un patron paternaliste "qui n’y allait pas par quatre chemins quand il avait quelque chose à dire". Martial Guérin avec qui le jeune homme s’était lié d’amitié. Et Valentin Marcone à part. Valentin Marcone qui ne prenait pas le café et les croissants à la pause avec les autres.

Luc Teissonière a-t-il eu l’intention de licencier Marcone. "Il faisait des erreurs dans son travail mais ne projetait pas de le licencier "car c’est difficile de recruter dans ce secteur", a ajouté le témoin. L'audience continue avec de nouveau l'interrogatoire de l'accusé et celui de l'ancien maire des Plantiers.

Le procès se poursuit jusqu'au 29 janvier 2024.

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