Une route antique et des tombes vieilles de 2000 ans, un trésor de l'Histoire entre les mains des archéologues

Près du centre-ville de Nîmes dans le Gard, une fouille archéologique a permis de révéler plusieurs tombes mais aussi une voie romaine au croisement de la voie Domitienne. Une grande découverte pour l’Institut national de recherches archéologiques préventives.

Une résidence de logements sociaux et un parking souterrain. Difficile à imaginer aujourd’hui, mais c’est pourtant ce qui devrait être construit au 45-49 rue de Beaucaire à Nîmes. Difficile car le chantier est pour l’instant un chantier archéologique. Les chercheurs de l’Inrap fouillent le terrain depuis janvier pour approfondir un diagnostic réalisé en 2022.

 

La fouille est fructueuse. Une quinzaine de tombes sont mises au jour, dans lesquelles les archéologues trouvent des dizaines d’objets comme des lampes à huile en céramique, en bronze ou encore des coupelles en pâte de verre. "On va les étudier pendant environ deux ans à l’Inrap. Les dater, les photographier, en comprendre la constitution", explique Marie Rochette, la responsable du chantier. "Puis ils seront remis au ministère de la Culture qui les mettra dans un dépôt. Les plus beaux seront peut-être exposés au musée de Nîmes."

Encore des secrets

Les archéologues savent que c’était une concession où les Romains achetaient une parcelle pour enterrer leurs morts. Mais qui est enterré là ? Impossible pour le moment de le savoir.

On pense que c’est une famille, au sens romain du terme : les parents, les enfants mais aussi toutes les personnes qui travaillent sur le domaine. Mais ça peut aussi être une corporation. Si on n’a pas d’informations tangibles, on ne peut que supposer.

Marie Rochette, responsable du chantier - Inrap

En tout cas, ces emplacements sont la preuve de l'importance de la voie qui a été découverte à cet endroit. 

Une voie importante, au carrefour de la voie Domitienne 

C’est une voie large de 15 mètres, délimitée par deux murs, qui a été mise au jour lors de ces fouilles. "C’est une découverte très importante pour nous. Elle va nous permettre d’avoir une idée plus précise sur le contexte local", se réjouit Sébastien Pancin, responsable de secteur à l’Inrap.  

La présence de tombes est un grand indicateur de l'importance de cette voie pour les archéologues. "Les passants, les commerçants, les visiteurs qui entrent ou quittent Nîmes peuvent voir et se souvenir des personnes dont la tombe est ici", ajoute Marie Rochette. "La fréquentation de bord de voie permet de garder un lien entre les vivants et les morts et d’avoir ce culte de la mémoire."

Cette route croisait la voie Domitienne, qui relie l'Italie à l'Espagne. Pour les deux, l'origine remonte à la fin du IIe siècle et Ier siècle avant J-C. 

Pour les curieux, une journée "portes ouvertes" est prévue samedi 13 avril 2024.

Écrit avec Olivier Brachard.