Gers : 18 mois de prison avec sursis requis contre les organisateurs du rallye de Tillac qui a fait 3 morts en 2014

18 mois de prison avec sursis ont été requis contre les 2 organisateurs du rallye de Tillac jugés pour homicides involontaires par négligence. L'accident avait fait 3 morts, en 2014, lors d'une course automobile dans le Gers. Le jugement a été mis en délibéré au 9 septembre.

Tillac (Gers) - La voiture est sortie de la route après une série de virages - août 2014.
Tillac (Gers) - La voiture est sortie de la route après une série de virages - août 2014. © Sébastien Lapeyrere/AFP

Les deux prévenus sont le président de l’association du Club automobile Mirande Astarac (CAMA) Guillaume Bardot, organisateur technique de la Course et Philippe Poitevin, son directeur de course. Ce dernier, âgé de 72 ans ne s'est pas présenté à l'audience, pour raisons médicales.

Les 2 mis en examen répondaient d'homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité : ils risquent jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45.000 € d'amende.

"Une faute pénale caractérisée"

Le procureur du tribunal correctionnel d'Auch, a requis une peine de prison de 18 mois avec sursis contre les deux organisateurs du rallye. Il estime que la faute pénale est caractérisée. Quand il parle de l'organisation technique du rallye, il précise "tout a été fait dans un grand flou artistique".

Le jugement a été mis en délibéré au 9 septembre prochain.

Le tribunal d'Auch où comparaissaient les deux prévenus dans le procès du drame du rallye de Tillac
Le tribunal d'Auch où comparaissaient les deux prévenus dans le procès du drame du rallye de Tillac © FTV

La défense plaide la relaxe

L'avocat de la défense, Olivier Leclerc, qui défend les deux prévenus, a plaidé la relaxe. Dans sa plaidoirie, il a expliqué qu'il n'y avait pas de lien direct entre les négligences évoquées et le décès des trois victimes.

Après 4 ans et demi d'enquête, tous deux avaient été mis en examen le 28 janvier 2019 par le juge d'instruction. Le 16 janvier 2021, leur renvoi devant le tribunal correctionnel avait été prononcé.

Rappel des faits

C'est peu après 11 heures, le dimanche 24 août 2014, que durant des essais, le conducteur d'une Simca 1000 a perdu le contrôle de son véhicule, après une succession de virages. Passant au-dessus de la glissière de sécurité, la voiture a fauché trois personnes, tuant l'une d'elles sur le coup. Les deux autres victimes sont décédées des suites de leurs blessures, avant l'arrivée de l'hélicoptère qui devait les transporter vers un centre hospitalier d'urgences.
Parmi les 3 victimes, deux officiels de la course, un homme et une femme âgés d'une soixantaine d'années, et un photographe d'une quarantaine d'années. Tous trois étaient originaires du Gers.

Le pilote a bénéficié d'un non-lieu

Le pilote, âgé de 30 ans, était un conducteur confirmé, originaire du Lot-et-Garonne.
Florian Patacconi, le pilote de la "Simca 1000 Rallye 2", a bénéficié d'un non-lieu en 2019 : sa sortie de route dans ce virage n'a pas été considérée comme une faute par le magistrat instructeur.

La longue attente des familles

Depuis 2014, les familles des victimes demandaient un procès, pointant des failles dans la sécurité de cet événement sportif.

Mardi, la veille du procès, la fille d'une des victimes exprimait son soulagement, après plus de six ans d'attente :

Je ressens un certain soulagement qu'on puisse en parler, que les projecteurs soient braqués sur les coupables. C'est également de la tristesse : on m'a pris ma maman. De la fatigue aussi, après 7 ans de bataille judiciaire, 6 ou 7 refus d'actes par 5 juges d'instruction différents. Un regret : que la sous-préfète de Mirande ou les gendarmes, membres de la commission de sécurité qui ont validé la course sur la foi d'un simple croquis et non d'un véritable plan, ne soient pas poursuivis également : ce sont les même gendarmes qui ont été chargés de l'enquête.

Virginie Marchand, fille de Josette Baldran, partie civile.

Le jugement a été mis en délibéré au 9 septembre. 

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