Le personnel d'un Ehpad du groupe Korian dans le Gers répond à l'appel national des syndicats et se met en grève

Une quinzaine de membres du personnel de l'Ehpad Villa Castéra à Castéra-Verduzan (Gers) se sont mis en grève pendant un heure ce lundi 25 mai. Ils répondent à l'appel national des syndicats du groupe Korian.

Une quinzaine de salariés s'est rassemblée.
Une quinzaine de salariés s'est rassemblée. © Lucie Rodriguez
L'Ehpad Villa Castéra dans la commune gersoise de Castéra-Verduzan a répondu à l'appel national des syndicats du groupe Korian. Devant cet établissement qui accueille des personnes âgées, une quinzaine de membres du personnel se sont mis en grève pendant une heure, de 14h30 à 15h30. Ils réclament surtout "la prime de 1 000 euros annoncée par madame Boissard", indique Lucie Rodriguez, serveuse dans l'Ehpad. Sophie Boissard, directrice générale du groupe Korian, avait en effet annoncé cette prime à la fin du mois d'avril. 
  "On est en train de revenir sur cette annonce puisqu'on nous parlait de 1 000 euros et maintenant on nous dit que ça 'peut aller jusqu'à' 1 000 euros" remarque Lucie Rodriguez, déléguée syndicale Force Ouvrière.


Revendications salariales

Le personnel en grève demande aussi "le versement de 1 500 euros que l'Etat a promis pour les Ehpad", indique la déléguée syndicale. Elle ajoute à cela la revendication d'une hausse des salaires et de postes supplémentaires. "Nous souhaitons un ratio d'un salarié par résident" précise-t-elle. D'autant plus en cette période de crise sanitaire liée au coronavirus.

Ca demande une réorganisation du travail. Il y a plus de travail quand un résident part en hospitalisation, quand il est en quatorzaine etc. On doit prendre des dispositifs règlementaires quand on rentre dans la chambre, les ASH doivent désinfecter encore plus souvent. Et déjà qu'en temps normal on a beaucoup de mal à faire notre travail, là c'est encore pire ! rapporte Lucie Rodriguez.

Même si l'Ehpad où elle travaille n'a pas connu de cas de coronavirus, de nouvelles règles et charges de travail doivent être appliquées explique la déléguée syndicale.

L'intersyndicale nationale du groupe Korian revendique aussi une majoration des heures supplémentaires, la reconnaissance du Covid-19 en maladie professionnelle pour tous, ainsi qu'un prime grand âge. "La crise sanitaire n'a pas confiné les revendications", affirme l'intersyndicale dans un communiqué.
 


Dans les pas des manifestations des soignants hospitaliers

Ce lundi 25 mai marque aussi le lancement d'un "Ségur de la santé" de la part du gouvernement. Concrètement, il s'agit de mesures visant à répondre aux demandes des soignants. "Augmentations de salaire, organisation du travail, valorisation du collectif, revalorisation des carrières... Nous devons être à la hauteur des attentes des soignants !" a indiqué le ministre de la santé sur son compte Twitter.
  En effet des manifestations dans les hôpitaux partout en France s'étaient déroulées le 11 mai. Le jour du déconfinement donc, à Toulouse, près de 200 personnes s'étaient rassemblées devant le CHU pour crier leur colère.

Aujourd'hui, ce ne sont pas seulement les soignants des Ehpad du groupe Korian qui se font entendre, il s'agit aussi des serveurs et serveuses, des ASH (agents des services hospitaliers) ou encore des cuisiniers. "Il y a même une ancienne famille de résidents qui est venue nous soutenir" se réjouit Lucie Rodriguez.
 
Le groupe Korian gère 308 établissements sur les 7 500 maisons de retraite en France, d'après Albert Papadacci, délégué central CGT. Une partie était en grève ce lundi 25 mai, dont cet Ehpad dans le Gers donc, et la maison de retraite Les Meunières à Lunel, près de Montpellier.
 
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