L'ancien membre d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, condamné à 8 mois de prison pour apologie du terrorisme

Le Gersois de 63 ans, ancien membre du groupe armé Action directe, avait qualifié les terroristes qui avaient frappé la France de "très courageux". Il a finalement été condamné à 8 mois de prison.

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L'ancien membre d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, a été condamné ce mercredi à huit mois de prison pour apologie du terrorisme, pour avoir qualifié les djihadistes qui avaient frappé la France de "très courageux". 

"Ils se sont battus courageusement : ils se battent dans les rues de Paris" alors qu'ils "savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait-il ajouté.

Le Gersois de 63 ans avait prononcé ces mots lors d’une interview sur Radio grenouille.

A l'audience du 24 juin devant le tribunal correctionnel de Paris, le parquet avait requis un an de prison contre le dernier membre du noyau dur d'Action directe à avoir recouvré la liberté, en mai 2012, après 24 ans de prison.

"La présentation positive et à la gloire des auteurs de ces attentats constitue une indéniable apologie d'actions terroristes", selon les juges.

En outre, dans la mesure où ses propos ont été tenus dans une émission "très écoutée par les jeunes des cités de Marseille susceptibles d'être tentés par Daech (acronyme arabe de l'organisation djihadiste Etat islamique, ndlr) ou Al-Qaïda", ces faits "particulièrement graves" ne sauraient être "excusés ou minimisés".

Le tribunal n'a pas ordonné l'incarcération immédiate de Jean-Marc Rouillan, qui par ailleurs risque, du fait de sa nouvelle condamnation, la révocation de sa libération conditionnelle.

Il aussi été condamné à verser un euro de dommages et intérêts à l'Association française des victimes du terrorisme (AfVT) et 300 euros à chacune des 30 victimes des attentats du 13 novembre qui se sont constituées parties civiles.

"J'aurais dû dire déterminés (ndlr au lieu de courageux)", avait déclaré Jean-Marc Rouillan lors du procès, à propos des jihadistes avec lesquels il a assuré n'avoir "aucune connivence": "ce sont des ennemis"."J'ai été très maladroit", avait-il lâché, condamnant "bien sûr" les attentats.

Condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, pour les assassinats terroristes de l'ingénieur général de l'armement René Audran (1985) et du PDG de Renault Georges Besse (1986), Jean-Marc Rouillan, 64 ans, est en liberté conditionnelle depuis 2012.

Acton directe est un groupe armé d'extrême gauche à l'origine de plusieurs attentats et assassinats dans les années 1980.
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