Visite au pas de charge pour le ministre de l'Intérieur à Marciac dans le Gers

© Ministère de l'Intérieur
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Jazz in Marciac s'ouvre ce vendredi dans le Gers sous haute surveillance face à la menace terroriste. La sécurité a été renforcée pour les 2 semaines de ce festival. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve était à Marciac ce vendredi après-midi.

Par Laurent Dubois

Une ouverture sous haute sécurité et en présence du ministre de l’Intérieur. Ce vendredi 29 juillet, le festival de Jazz In Marciac lance son édition 2016 avec une visite de Bernard Cazeneuve. Trois jours après l’attaque d’une église en Normandie et moins d’un mois après l’attentat de Nice, le déplacement du 1er flic de France prend une dimension particulière.

C’est un ministre sous pression qui a atterri à l’aéroport d’Auch. Le programme de la visite est plutôt léger sur le papier : une réunion de travail à la mairie de Marciac, une revue de détail du dispositif de sécurité, une prise de parole vers 17 heures, une brève participation à l’ouverture du festival puis retour sur Paris.

L’agenda gersois de Bernard Cazeneuve ne ressemble pas à un marathon. Le déplacement à Marciac n’est pas long et éreintant. Mais le ministre de l’Intérieur a vécu des heures éprouvantes avant d’arriver au milieu des cuivres et cymbales de Jazz In Marciac. Polémique frontale et brutale avec la droite suite à l’attentat de Nice. Mobilisation et nouvel état d’urgence autour de l’assassinat d’un prêtre normand.

Depuis plus d’un an et demi, Bernard Cazeneuve est sur le pont et doit faire front. Sa présence, aux côtés de la ministre de la culture, Audrey Azoulay, n’a rien d’une visite de routine. Philippe Martin, l’ancien ministre et président du département, vante toujours le « Bonheur est dans le pré » du Gers. Mais, pour Bernard Cazeneuve, une présence à Jazz In Marciac c’est une mission essentielle. Elle vise à faire passer un message : dans le Gers, comme dans tous les festivals de France et de Navarre, la sécurité est assurée.

Il ne s’agit pas simplement d’éviter une fausse note. L’époque ou les organisateurs craignaient « simplement » des bagarres et des problèmes d’ordre public est révolue. Bernard Cazeneuve affiche la nouvelle partition qui va désormais accompagner toutes les manifestations culturelles et sportives d’ampleur. Désormais, les dispositifs de sécurité ne sont plus simplement taillés pour faire face à des excités avinés ou des débordements limités. C’est le camion lancé dans la foule ou le kamikaze et sa ceinture d’explosif qui sont en ligne de mire.

Jazz In Marciac et ses plus de 200 000 visiteurs inaugurent une ère post-Nice. L’organisation du festival tire des leçons. Le président du département, Philippe Martin, a pris un arrêté pour interdire la circulation aux camions. Des blocs de béton protégeront l’accès au site. Des blocs anti-camions, c’est un dispositif directement lié au massacre de la promenade des Anglais.

La venue de Bernard Cazeneuve à Jazz In Marciac ne vise pas seulement à (dé)montrer la réactivité des forces de sécurité et de leur patron. Le passage du ministre permet également de marteler un discours plus offensif. Le survol des drones est interdit pendant toute la durée de la manifestation, du 29 juillet au 15 août. Pour le moment, la France a été frappée à coup d’explosif, d’AK 47, d’armes blanches et de pare-chocs de camions. La terreur n’est pas venue du ciel. Le fait de cibler les drones montre que le ministre de l’Intérieur et ses troupes (policiers, gendarmes, mais aussi préfets) surveillent tous azimuts.

La 39eme édition de Jazz In Marciac est la première à se dérouler dans un tel déploiement de sécurité. En revanche, ce qui ne change pas, c’est une affiche avec les plus grands noms du jazz mondial.

Ce vendredi 29 juillet, le président du Festival, Jean-Louis Guilhaumon, promet « un concert unique ». Une rencontre entre le chanteur « M » et le pianiste Yaron Herman.

De quoi totalement oublier les fouilles et les gendarmes à l’entrée.

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