Grève et mobilisation dans les collèges de Montpellier et de Nîmes

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Écrit par Armelle Goyon

A Montpellier, une trentaine d'écoles et de collèges ont appelé à se mobiliser ce lundi. Au collège des Aiguerelles, la majorité des enseignants sont en grèv . A Nîmes, les enseignants demandent des CPE.

Le comité inter-établissements 34, qui regroupe entre autres établissements, les collèges des Aiguerelles, de Lansargues, de la Croix d’Argent, mais aussi une trentaine d’écoles de la ville de Montpellier, et quelques professeurs syndicalistes dans des lycées, se remobilise avec la rentrée scolaire qui débute.

Les revendications portent sur le manque de moyen alloués par département, région et ministère de l’éducation nationale, alors que le nombre d’élèves est en augmentation constante.

Un communiqué de presse du collectif précise : “Les besoins en professeurs, en AED (surveillants), en maîtres spécialisés, en remplaçants, AESH, infirmiers, en IME, sont ignorés par le ministre, qui a osé rendre 200 millions non utilisés sur le budget de l’Education nationale. Dans le second degré par exemple les moyens ont considérablement baissé, il y a 1800 emplois de professeurs en moins pour 43 000 élèves supplémentaires, alors même que la situation justifie des recrutements massifs pour prendre en charge des enfants, des jeunes qui n’ont que trop souffert de la crise sanitaire.”

Tensions au collège des Aiguerelles 


Au collège des Aiguerelles, 99 % des professeurs ont voté pour la grève de ce lundi 6 septembre. A 8h,  les portes sont ouvertes mais la plupart des classes sont fermées. La grande majorité des enseignants est en grève. Ils réclament deux postes de surveillants supplémentaires.

" Il y a 5 surveillants dans cet établissement pour 650 éléves ! Il faut savoir que dans un établissement, il faut un surveillant devant les toilettes, il faut un surveillant à l'entrée du collège, il faut un surveillant dans le bureau, il en faut dans les étages..quand on fait le calcul, il en reste un dans la cour pour 650 élèves, c'est impossible ! " explique Guy Bertolino, porte-parole intersyndicale des enseignants.

Le collège est régulièrement sous tension. En quatre ans, les effectifs sont passés de 486 élèves à 647. Une situation que dénoncent également les parents d'élèves.

" Mettre nos enfants dans des conditions d'enseignements et dans des bâtiments comme ceux-ci, c'est les insécuriser dès le début de leur scolarité au collège ! Il ya beaucoup de bagarres et des conseils de discipline ont explosé cette année. Et en cas d'incendie, je ne sais pas comment on va évacuer un bâtiement qui est en sureffectif.." témoigne Diane Guénot, parent d'élèves

Enseignants et parents souhaitent être reçus par la rectrice. La grève, elle, est reconduite au moins jusqu'à demain après-midi.

 

A Nîmes, mobilisation pour des CPE 

Le personnel du collège des Oliviers à Nîmes était  également en grève aujourd'hui. Enseignants et parents se sont rassemblés devant la grille de l'établissement à l'entrée des cours pour protester contre le manque récurrent de Conseillers Principaux d'Education. Ils demandent la nomination d'un second CPE à temps plein pour gérer les 600 élèves accueillis dans ce collège classé en réseau d'éducation prioritaire. 

" On a déjà vécu il y a 4 ans une année  avec des collègues à mi-temps, et c'est très délicat car il n 'y a pas de suivi possible. Les collègues ne connaissent pas bien les élèves. On est dans l'urgence, c'est la rentrée et nous n'avons toujours pas les personnes qu'il nous faut pour travailler, " explique  Thomas Santucci du syndicat SNES-FSU.

Les services de l'éducation nationale ont accordé pour cette année un poste mais à temps partiel. Insuffisant aux yeux des manifestants qui rappellent que ce n'est pas la première rentrée à se dérouler dans ces conditions dégradées. " C'est récurrent, on sait qu'à la rentrée il y a toujours des nominations de dernière minute et du coup , la rentrée ne se passe pas dans des conditions optimales. Les enseignants ici étaient prêts, la direction aussi et là , ils doivent redoubler d'efforts pour palier le manque et c'est dommageable, " confirme  Vincent Bouget, arent d'élève  et conseiller départemental (PCF)

A défaut d'entrer en cours, les enseignants grévistes sont allés en salle des professeurs pour discuter de la suite qu'ils pourraient donner à leur mouvement s'ils n'obtiennent pas satisfaction.