Grippe aviaire : la filière foie gras réclame d'urgence plus de moyens

Le Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras (Cifog) lance un cri d'alarme. Face à la flambée du nombre de cas de grippe aviaire dans les élevages, il interpelle le gouvernement : donner plus de moyens logisitiques et techniques avant qu'il ne soit trop tard. 

Un élevage d'oies dans les Hautes-Pyrénées
Un élevage d'oies dans les Hautes-Pyrénées © E. Fillon / FTV

Agir vite, et bien. L'épizootie (épidémie animale) de grippe aviaire continue de ravager les élevages de canards du Sud-Ouest. Avec une souche beaucoup plus virulente, la France compte 273 foyers de contamination ce 14 janvier, la plupart dans les Landes.

Mais l'Occitanie en recenserait déjà plus d'une dizaine, dans les Hautes-Pyrénées et le Gers. C'est d'ailleurs à Auch que s'est rendu le 12 janvier Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture, pour rencontrer les professionnels du foie gras.

Mais les annonces faites ce jour n'ont pas satisfait les producteurs. Et le Cifog partage donc ses craintes : il faut aller beaucoup plus vite.

Éviter une propagation du virus à d’autres régions

Dans un communiqué partagé ce 15 janvier, le Cifog demande "de toute urgence le renforcement des moyens techniques et logistiques sur le terrain pour traiter les foyers de contamination." L’enjeu est d’éviter une propagation du virus à d’autres régions.

"Compte tenu de l’agressivité, de la contagiosité du virus et de sa rapidité de propagation, le dépeuplement préventif est, à ce stade, la seule stratégie à disposition de la filière pour stopper cet épisode.

Le Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras (Cifog)

Parmi les pistes pour une meilleure gestion évoquées, le Cifog souligne que "l'élevage en plein air fait partie de l’ADN de la filière, mais demande qu'en période de haut risque, tous les animaux soient mis à l’abri" de façon à leur éviter une contamination depuis la faune sauvage.

"Aucune protection n'est absolue"

Avant de lancer son appel, le Cifog s'est entretenu avec Jean-Luc Guérin, professeur en aviculture et médecine aviaire, qui revient sur les dispositifs mis en place et la stratégie de lutte contre l'épizootie. 

"Le virus est extrêmement contagieux et le développement récent de l'épizootie suggère que nous étions sans doute bien en dessous de la réalité dans nos prévisions. Les densités de canards qui ne pouvaient pas être mis à l'abri dans certaines zones des Landes a rendu quasiment impossible la maîtrise de ce risque de transmission." 

Jean-Luc Guérin, professeur en aviculture et médecine aviaire

Le spécialiste met donc en cause l'extrême viralité de cette souche de la grippe aviaire, qui a dépassé les autorités.
Arrivée en France par la faune sauvage, cette dernière a révélé la mortalité très importante que le virus provoque chez les palmipèdes. Plusieurs milliers de cadavres d'animaux avaient été découvert en Europe du Nord, autour de la mer Baltique. 

Le professeur rappelle que le vaccin n'est pas la bonne solution pour l'heure : "la protection vaccinale n'est pas absolue et le principal danger serait qu'une vaccination mal maitrisée aboutisse à la circulation silencieuse de virus influenza pendant des années." 

En attendant, l'abattage préventif doit s'opérer, même sur des élevages peu ou pas contaminés, de façon à créer un cordon sanitaire autour des foyers, et stopper l'avancée de l'épizootie. 

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