Eoliennes aux portes de l'Ariège : l'enquête publique se solde par un avis négatif, des élus soulagés

À la frontière de la Haute-Garonne et de l’Ariège, le projet éolien de Cintegabelle fait débat depuis une quinzaine d’années. Les conclusions de l’enquête publique viennent de rendre un avis négatif concernant ce projet, observant un principe de précaution.

C’est une nouveau rebondissement dans ce projet de parc éolien de Cintegabelle, maintes fois reporté et déplacé depuis son élaboration en 2008. Mi-février, une enquête publique a été ouverte donnant l’opportunité aux habitants des 16 communes concernées de Haute-Garonne et d’Ariège d’exprimer leurs avis, remarques ou réclamations sur ce projet d’éoliennes. Après étude des diverses doléances, le commissaire enquêteur a rendu ses conclusions : il est défavorable au projet. 

"Face aux incertitudes qui demeurent sur les impacts sanitaires, environnementaux et ceux qualifiés de "forts" pour le paysage rapproché, je fais mienne la proposition émise par la Communauté de Communes des Portes de l’Ariège et des Pyrénées (CCPAP) dans sa motion du 18 novembre 2021 qui consiste à adopter un principe de précaution", précise le commissaire enquêteur dans ses conclusions du rapport de l’enquête publique.

Un soulagement pour les détracteurs du projet

« C’est un véritable soulagement pour la majorité des élus du territoire, qui n’approuvait pas l’emplacement des éoliennes », explique Audrey Leclercq, représentant le président de la CCPAP, Alain Rochet. Les élus concernés, qui se disent "loin d’être contre les énergies renouvelables", s’étaient prononcés à deux reprises contre ce projet, principalement en raison de la proximité de l’implantations des éoliennes avec l’Ariège (50m) et de ses premières habitations (500m). 

Les élus en défaveur du projet éolien estiment que les retombées économiques locales du projet sont incertaines, alors que leur emplacement est très dommageable pour l’entrée des Portes d’Ariège. 

Alain Rochet, président de l'intercommunalité des Portes d'Ariège

 L'État aura le dernier mot

Les élus des communes concernées avaient majoritairement émis des positions défavorables au projet au sein de leurs conseils municipaux, sans pour autant avoir le poids de freiner l’avancée du projet. Ils se réjouissent que le projet de parc éolien soit aujourd’hui reconnu comme "inquiétant pour le territoire" par un commissaire enquêteur missionné par l’État. 

C’est une satisfaction de voir notre analyse confortée, celle d’élus locaux investis au quotidien pour le bien-être des habitants et la qualité de vie de tous. Il ne s’agit pas d’un combat, mais de bon sens collectif pour notre avenir et l’authenticité de l’Ariège.

Alain Rochet, président de l'intercommunalité des Portes d’Ariège

Le dossier va maintenant être récupéré par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), qui devra tenir compte des conclusions de l’enquête publique pour acter ou non le projet. "La décision est désormais entre les mains du préfet d’Occitanie, et nous avons bon espoir qu’il suive l’avis défavorable du commissaire enquêteur", précise Audrey Leclercq, du Cabinet de la CCPAP. "L’Occitanie est dans un schéma éolien, nous savons pertinemment qu’il faudra en positionner sur le territoire, mais ce serait vraiment préjudiciable de le faire à cet endroit", ajoute-t-elle.

Pour rappel, le projet éolien de Cintegabelle comporte 4 éoliennes de 150m de haut, dont trois sont portées par Engie Green, et une par Aganaguès, société citoyenne locale indépendante. 

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