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Aéroport Toulouse-Blagnac : les bénéfices que veulent se verser les actionnaires chinois irritent les collectivités

© Maxppp
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L’actionnaire chinois de l’aéroport de Toulouse-Blagnac fait reparler de lui. Au cœur de cette nouvelle polémique : 20 millions d’euros de dividende qu’il veut reverser aux actionnaires. Mais les collectivités publiques locales ne l’entendent pas de cette oreille.

Par Patrick Noviello

Première année d’exercice pour l’aéroport version prise de participation chinoise et première algarade au sujet des bénéfices. Pour aller à l’essentiel, la plateforme aéroportuaire de Blagnac dégage environ chaque année cinq millions d’euros de gains. La moitié est reversée aux actionnaires, l’autre est mise en réserve pour préparer les futurs investissements. Seulement, cette habitude  de gestion de "bon père de famille" ne semble pas convenir aux partenaires chinois.

Un magot de 50 millions d'euros

Voilà quelques semaines ces derniers auraient fait savoir qu’ils entendaient reverser cette année 50 millions d’euros de dividendes aux actionnaires de la SATB (Société de l’Aéroport de Toulouse Blagnac). Ce chiffre a depuis été revu à la baisse mais il se monterait désormais à 20 millions, soit presque dix fois plus que ce qui est reversé chaque année. Pour faire simple, dénoncent certains, "les chinois sont là depuis à peine douze mois  d’exercice et ils veulent empocher des années de bénéfices qui avaient été mis de côté pour le fonctionnement et le développement de l’infrastructure".

Les "réserves" des collectivités

Si les investisseurs chinois de l’aéroport détiennent désormais 49,9% de la SATB, 40% appartiennent encore aux collectivités locales (Région, Département de Haute-Garonne et Toulouse Métropole 5% chacun) ainsi qu’à la CCI de Toulouse (25% des parts). Ces quatre actionnaires publics locaux ont émis des réserves à cette "redistribution" de 20 millions. Et ils l’ont fait savoir par un courrier à Anne-Marie Idrac, présidente du Conseil de Surveillance de SATB. Pour eux, cette redistribution "ne paraît pas opportune du point de vue économique. Par ailleurs, cette réserve est le fruit de l’effort de chacun des partenaires publics historiques de la SATB".

Le "pacte d'actionnaire secret" de nouveau en question

Alors 49,9% détenus par le consortium chinois et Casil contre 40% pour les collectivités publiques, reste à l’Etat, détenteur des 10,1% de parts manquantes de se prononcer et donc de trancher. Et c’est là que la polémique rebondit à nouveau. "Voici enfin le moment de vérité venu" pense-t-on du côté des opposants au reversement des 20 millions, "on va enfin savoir de quel côté est l’Etat !". Ainsi resurgit aussi la théorie de nos confrères de Médiapart, d’un "pacte d’actionnaire secret" qu’aurait passé Emmanuel Macron avec les investisseurs chinois.

La position de la CCI toujours "pas déterminée"

Alors Département de Haute-Garonne et Région font-ils jouer leurs contacts à Bercy pour en savoir plus et faire pression sur le Ministère de l’économie pour être soutenus. Pour l’heure, silence radio de la part de ces collectivités. Du côté de la Métropole toulousaine, Bernard Keller en charge du dossier aéroport explique que « la position de la collectivité n’est encore arrêtée. Mais l’objectif est qu’une position commune soit trouvée entre tous les acteurs». La direction de l’aéroport, elle, ne souhaite pas faire de commentaire. La position de la CCI de Toulouse « n’est pas déterminée à ce jour ». Son Président, Alain Di Crescenzo, dit « travailler pour une proposition » qu’il fera le 28 juin prochain. Ce jour-là, l’ensemble des actionnaires se réuniront, et il faudra que chacun se prononce. Bas les masques !

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