Affaire Borrel : l'Etat français toujours muet au sujet des demandes de déclassification

Elisabeth Borrel, ici avec ses avocats Mes Laurent de Caunes et Olivier Morice, se bat depuis 1995 pour lever le mystère sur la mort de son mari, retrouvé mort à Djibouti. / © AFP
Elisabeth Borrel, ici avec ses avocats Mes Laurent de Caunes et Olivier Morice, se bat depuis 1995 pour lever le mystère sur la mort de son mari, retrouvé mort à Djibouti. / © AFP

Le président, Emmanuel Macron, entame une tournée en Afrique de l'Est. La famille du magistrat Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, réclame la déclassification d'archives du renseignement pouvant résoudre ce mystère. L'Etat n'a toujours pas répondu aux multiples demandes de la justice.

Par Sylvain Duchampt


Elisabeth Borrel, ses avocats et la justice française en sont persuadés : les notes de service de la direction du renseignement militaire (DRM) contiennent des "éléments déterminants" sur les circonstances de la mort du magistrat Bernard Borrel à Djibouti le 19 octobre 1995. L'épouse du juge Borrel, magistrate elle aussi, a toujours soutenu la thèse d'un assassinat.

Secret-défense

Comme le raconte le quotidien Le Monde, les juges d'instruction ont déjà fait "sept demandes de déclassification" mais depuis aucun document ne leur a été transmis. Le juge Cyril Paquaux a donc adressé, le 28 novembre 2018, à l'Elysée et aux ministères concernés une nouvelle demande de déclassification. Un courrier trahissant l'agacement du magistrat, révélé par le le journal du soir, face au secret-défense. 
 

Trois mois après cette sollicitation, aucun retour n'est parvenu au juge. Les avocats dela famille Borrel, Mes Laurent de Caunes et Olivier Morice, s'étonnent du silence de l'Etat  alors qu'Emmanuel Macron a reconnu, en septembre 2018, la responsabilité de l'Etat dans l'affaire Audin - militant communiste français tué en Algérie en 1957.  

E.Macron à Djibouti

La famille de Bernard Borrel espère que la tournée d'Emmanuel Macron en Afrique de l'Est, passant par Djibouti, soit l'occasion d'une avancée dans ce dossier.

Souvent mis en cause dans cette affaire, le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, a de nouveau répété, lors d'un entretien accordé à France 24, qu'il n'était pas concerné par cette histoire "franco-française."

Ecoutez cette réponse à 10 minutes et 6 secondes jusqu'à 11 minutes et 42 secondes. 

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