Agriculteurs en colère : une mobilisation devenue un véritable enjeu avec de risque de récupération politique à six mois des Européennes

Les agriculteurs du sud-ouest et notamment de Haute-Garonne, ont entamé un bras de fer avec le gouvernement pour dénoncer la hausse de leurs coûts de production, des taxes, de la paperasserie administrative, des normes européennes. A six mois des élections européennes, la tentation politique est forte de les récupérer.

Les agriculteurs du sud-ouest et notamment de Haute-Garonne, ont entamé un bras de fer avec le gouvernement pour dénoncer la hausse de leurs coûts de production, des taxes, de la paperasserie administrative, des normes européennes... À six mois des élections européennes, la tentation est forte de les récupérer. Sur les réseaux sociaux et sur les barrages, les élus de tous bords se manifestent.

Depuis ce matin, les hommages des politiques de notre région se multiplient suite au décès de l’agricultrice en Ariège. Mais certains d’entre eux avaient apporté leur soutien au mouvement dès la semaine dernière. À commencer par le député de la France Insoumise de Haute-Garonne, Christophe Bex, qui s’est rendu sur les barrages de sa circonscription dès mardi. Il tweet : “leur colère est à la mesure du mépris auquel ils font face de la part d’un président de la République”.

Alors que les discussions entre les autorités et les syndicats agricoles sont au point mort, le monde politique se déplace sur le terrain comme Sébastien Vincini, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne, ce lundi, ou Carole Delga, ce week-end.

Carole Delga, la présidente de région est également venue sur les ronds-points durant le week-end. Elle a rencontré undi 22 janvier les agriculteurs du Volvestre "afin d'écouter leurs revendications et d'esquisser des pistes de solution qui pourront être proposées au gouvernement", explique-t-elle dans un communiqué.

"Le gouvernement doit tenir ses engagements, en apportant tout d’abord une réponse forte en cas de crises exceptionnelles, sur l’indemnisation de la grippe aviaire et de la maladie hémorragique épizootique (MHE) notamment. Sur cette question, la région apportera un soutien spécifique aux agriculteurs touchés en complément aux interventions de l’Etat". Elle estime aussi que le gouvernement doit déployer des moyens pour accompagner la transition et les exploitations dans "modèle durable et rémunérateur".

David Taupiac, le député socialiste tweetait dès le premier jour de la mobilisation : “Il est urgent que le gouvernement prenne la mesure de l’urgence pour le secteur !” 

À quelques mois des élections européennes, on le voit, cette mobilisation est devenue un vrai enjeu politique. Les députés Renaissance se faisaient plus discrets depuis le début de la mobilisation. Mais suite au drame de ce matin, le député Jean-René Cazeneuve a pris la parole sur les réseaux sociaux pour exprimer son soutien et sa compassion.

"Tout mon soutien aux agriculteurs qui tiennent ces barrages pacifiquement pour porter leurs revendications. Mes pensées aux proches des victimes de ce qui ressemble à une agression injustifiable".

Le décès de cette agricultrice, soutien inconditionnel du mouvement, et l'état extrêmement grave dans lequel se trouvent son mari et l'une de ses filles donnent de fait à ces actions une tout autre dimension.