Appel à la grève des médecins généralistes : le mouvement risque d'être très suivi en Occitanie

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Écrit par Corinne Carrière .

"La colère sur le terrain et les inquiétudes sur l’avenir du système de santé sont fortes". La grève des médecins généralistes qui débute demain, devrait être très suivie en Occitanie. Plusieurs cabinets médicaux fermeront leurs portes ces jeudis 1er, vendredi 2 et samedi 3 décembre. Entretien.

Une première depuis 2015 : tous les syndicats médicaux soutiennent le mouvement. L’appel à la grève a été lancé sur les réseaux sociaux par le collectif "Médecins pour demain" . Dès demain, jeudi 1er décembre, certains cabinets médicaux resteront fermés pour exprimer leur ras-le-bol et leur colère. Une colère sourde prête aujourd’hui à exploser.

Théo Combes, médecin généraliste à Gaillac dans le Tarn, vice-président national et délégué régional Occitanie du syndicat MG France nous explique les raisons de cette colère et les revendications d’une profession en tension.

Manque de moyens

Certains médecins prévoient une grève illimitée, d’autres fermeront leur cabinet un jour ou trois jours, "la colère et les inquiétudes sur l’avenir du système de santé sont fortes", explique Théo Combes. Le mouvement de contestation risque d’être très suivi et pourrait être "de grande ampleur en France et en Occitanie".

En pleine négociations conventionnelles, les médecins de ville veulent marquer le coup et se faire entendre. "Honnêtement, l’issue de cette négociation est incertaine, l’enveloppe dévolue aux soins de ville semble toute petite par rapport au budget de la santé et notamment par rapport à celui de l’hôpital".

"Suite au Ségur de la santé, plus de 20 milliards d’euros ont été alloués à l'hôpital public et on a encore trouvé un milliard de plus la semaine dernière; on se demande si il y aura quelque chose pour la médecine de ville qui nous semble très importante pour la population. Il y a 20 millions de passages aux urgences par an et 250 millions de consultations chez les médecins généralistes. L’hôpital c’est important, mais la médecine de ville aussi", rajoute le docteur Théo Combes.

 Augmentation du tarif de consultation

La patientèle est de plus en plus nombreuse avec des personnes de plus en plus polypathologiques, plus âgées. La médecine de ville est sous tension, précise le vice-président national de MG France, "on aurait besoin de moyens supplémentaires, avoir des secrétariats au minimum, certains médecins en ont, mais pas tous. Le télé secrétariat cela ne suffit pas toujours pour proposer un service de qualité. Il faudrait aussi recruter des assistants médicaux pour accueillir les nouveaux patients, remplir les dossiers administratifs et nous aider à gagner du temps pour les consultations. Mais avec des honoraires bloqués depuis six ans et une inflation qui monte, c’est juste impossible de pouvoir embaucher à la hauteur de ces besoins".

Une des premières revendications du collectif "Médecins pour tous" qui a lancé le mouvement, est "la revalorisation du prix des consultations de 25 euros à 50 euros. La moyenne européenne fixe le tarif de consultation à 46 euros".

Théo Combes rajoute que de nombreux médecins très investis sont à bout "la plupart va tout droit vers le burn-out et finalement vers des cessions d’activités si on ne les aide pas maintenant à surmonter cette crise".

Médecine générale, "la dernière roue du carrosse" 

Les médecins généralistes sont confrontés à une tension démographique très importante. Théo Combes précise que la profession est sous tension, "les pouvoirs publics ont tout fait pour diminuer le nombre de médecins généralistes avec le Numérus Clausus, le départ à la retraite avancé, le MICA des années 90 et maintenant on aggrave le problème en dégoutant les jeunes".

Pas facile donc d’attirer de nouveaux candidats dans cette spécialité. De plus, le métier n’attire plus comme avant,  "40% des personnes formées en médecine générale n’exercent pas sur le terrain, c’est la dernière roue du carrosse", rajoute le médecin.

Pour faire adopter le budget de la Sécurité Sociale, le gouvernement a fait valoir le 49.3. Ce qui est problématique pour les discussions, explique Théo Combes. "Un passage en force qui a du mal à passer, il y a de gros doutes sur le fait que les négociations puissent avancer. Les réunions avec l’Assurance maladie et les professionnels de la médecine générale vont reprendre. J’espère que l’Assurance maladie et derrière l’État qui donne le financement seront attentifs à cette mobilisation de grande ampleur".

On est à la croisée des chemins pour la médecine générale, ça passe ou ça casse !

Selon les syndicats, de nombreux médecins qui n’avaient jamais fermé de leur vie vont le faire cette fois-ci. Dans tous les départements de l'Occitanie, le mouvement devrait être très suivi.

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