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Après l'attentat en Isère, quelle sécurité sur les sites Seveso “seuil haut” de Toulouse ?

L'usine Herakles-Safran vue des côteaux de Pech David / © France 3 Midi-Pyrénées
L'usine Herakles-Safran vue des côteaux de Pech David / © France 3 Midi-Pyrénées

La sécurité des sites Seveso est-elle suffisante ? La question est posée après l'attentat de vendredi en Isère sur le site d'Air Products. Le point à Toulouse où 2 établissements sont classés Seveso "risque haut".

Par VA.

Après l'attentat perpétré vendredi en Isère sur le site industriel du groupe Air Products à Saint-Quentin-Fallavier, la question se pose de la sécurité des sites Seveso, notamment les sites Seveso "risque haut".

Ces derniers sont au nombre de deux à Toulouse. Le premier, l'usine Herakles-Safran, situé tout près de l'ancien site AZF de sinistre mémoire, produit du carburant pour les fusées. Le second, est le dépot de carburant Esso de Toulouse-Fondeyre, qui stocke au nord de la ville 37.000 m3 de carburant.

A la demande de l'Etat, ces deux sites ont dû renforcer leurs mesures de sécurité depuis l'attentat de vendredi dernier en Isère : multiplication des rondes de surveillance, restriction des entrées, renforcement des contrôles des véhicules et de leurs passagers. Mais, si les Plans de Prévention des Risques Technologiques prévoient bien l'accident industriel, pour les associations de riverains, la menace terroriste n'est pas suffisamment prise en compte.

Voir en vidéo le reportage de Stéphanie Bousquet et de Laurence Boffet :
Sites Seveso : une protection suffisante ?

 

 

Qu'est-ce qu'un site Seveso ?

Le site industriel du groupe Air Products à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), cible d'un attentat vendredi, fait partie des 1.171 installations comportant des risques d'accidents importants, qui sont classées Seveso en France.

La directive européenne Seveso impose aux États d'identifier les sites industriels, pour lesquels un accident pourrait entraîner des conséquences immédiates graves pour le personnel, les riverains, les biens et l'environnement et de prendre les mesures pour y faire face.

Elle avait été adoptée en 1982, après la catastrophe provoquée par une fuite de dioxine en 1976 à Seveso (Italie) qui avait incité les États européens à se doter d'une politique commune en matière de prévention des risques industriels majeurs.

Elle a été remplacée par la directive Seveso 2 en 1999, qui a renforcé la prévention des accidents en exigeant une gestion du risque par les industriels, sous l'autorité des Etats.

Elle s'applique au stockage comme à l'utilisation de matières dangereuses, dont la liste a été allongée: explosifs, élimination des déchets dangereux et nucléaires notamment.

L'établissement doit identifier les sources de risques, les scénarios d'accidents envisageables, leurs effets sur les personnes et l'environnement et les conséquences d'un accident sur les installations voisines (risque d'"effet domino").

L'exploitant doit ensuite prendre une série de mesures visant à éviter ou réduire la probabilité d'un accident et à limiter les conséquences d'un éventuel phénomène dangereux dont la malveillance.

La directive distingue deux types d'établissements, classés en "seuil haut" ou "seuil bas", selon la quatité totale de matières dangereuses sur le site.

Selon le site du ministère de l'Ecologie, la France comptait 656 sites classés en seuil haut et 515 classés en seuil bas au 31 décembre 2014.

Le site de Saint-Quentin-Fallavier est classé en seuil bas.

Une nouvelle version de la directive, dite "Seveso 3", est entrée en vigueur le 1er juin dernier. Elle rénove son champ d'application (nouvelle classification des substances), renforce la politique de prévention des accidents majeurs et crée de nouvelles obligations en matière d'information du public.

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