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Après les intempéries meurtrières de la Côte d'Azur, placée en vigilance orange et pas rouge, Météo France se défend de toute négligence

A Mandelieu (Alpes Maritimes), dimanche, après les violents orages / © AFP
A Mandelieu (Alpes Maritimes), dimanche, après les violents orages / © AFP

Après les violents orages qui ont touché la Côte d'Azur dans la nuit de samedi à dimanche, faisant 17 morts et 4 disparus, les météorologistes se sont réunis toute la journée au siège de Météo France à Toulouse, où ils se défendent de toute négligence dans la couleur de l'alerte

Par VA.

Les violents orages qui ont touché la Côte d'Azur dans la nuit de samedi à dimanche, faisant 17 morts et 4 disparus, sont des phénomènes exceptionnels par leur intensité aggravés par "la forte urbanisation de la région touchée". Ils sont difficiles à prévoir "parce qu'ils se produisent sur une zone très limitée
et dans un court laps de temps", explique depuis le siège de Météo France à Toulouse, Pascal Brovelli, le directeur adjoint à la direction des opérations.

QUESTION: Que s'est-il passé exactement cette nuit sur la Côte d'Azur ?

REPONSE: "Un front orageux a traversé le quart sud-est du pays, samedi en fin d'après-midi, avec à l'avant de ce front un système de cellules orageuses qui se sont développées. Nous avions prévu des précipitations importantes, de l'ordre de 50 à 80 mm d'eau par l'heure sur cette large zone avec, plus localement, des niveaux de 100 à 150 mm par heure au plus fort de l'épisode. Mais il s'avère que sur l'est du Var s'est développé très rapidement un système explosif qui a parcouru le littoral des Alpes-Maritimes et qui a touché les villes de Cannes, Antibes ou Mandelieu. Sur cette trajectoire précise, on a battu des records avec, par exemple, 107 mm de précipitations en une heure à Cannes, les précédents records sur la ville étant
de l'ordre de 65 à 70 mm par heure. On a parfois battu des records de précipitations de plus de 50%. C'est donc le caractère explosif et intensif de ces précipitations qui a conduit au drame.

Q: Peut-on prévoir des phénomènes aussi intenses ?
R: Ce qui rend la prévision difficile dans ce cas, c'est le fait que le phénomène est très localisé et très intense avec, facteur aggravant, la forte urbanisation de la zone. Les fortes pluies sur les sols largement bétonnés ont entraîné d'importants ruissellements qui ont conduit à ce bilan dramatique.
Nos modèles de prévisions nous ont permis de baliser la zone qui allait être concernée par ce système de cellules orageuses très violentes mais de là à préciser que l'une d'elles allait parcourir un secteur aussi réduit avec une telle intensité, c'est en l'état actuel de nos connaissances impossible.

Q: Comment se protéger contre de telles catastrophes ?
R: La première chose à faire quand on est alerté de l'arrivée d'un tel épisode c'est d'éviter de s'exposer en allant dans des points bas comme des sous-sols ou des rues basses et aussi de s'éloigner au maximum des petits cours d'eau qui, lors de ces pluies violentes, se transforment très vite en torrents.
Sans doute, y a-t-il aussi une réflexion à mener sur le plan de l'urbanisme et les données pluviométriques, en terme d'intensité ou de cumuls de précipitations, dont nous disposons peuvent être utiles à ce travail.

En vidéo, le reportage au siège de Météo France à Toulouse de Stéphanie Bousquet et de Laurence Boffet :
Météo France se défend de toute négligence

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