Barrage de Sivens : des traces de grenades offensives sur les vêtements de Rémi Fraisse

Le procureur Claude Derens pendant sa conférence de presse sur les premiers résultats de l'autopsie de Rémi Fraisse le 27/10/2014 / © Olivier Denoun / F3 Midi-Pyrénées
Le procureur Claude Derens pendant sa conférence de presse sur les premiers résultats de l'autopsie de Rémi Fraisse le 27/10/2014 / © Olivier Denoun / F3 Midi-Pyrénées

Le procureur d'Albi a annoncé que des traces d'explosifs issus de grenades offensives utilisées par la gendarmerie avaient été retrouvées sur les vêtements de Rémi Fraisse. L'enquête a été confiée au parquet de Toulouse. Le ministre de l'intérieur a suspendu l'utilisation des grenades offensives.

Par Véronique Haudebourg

Le procureur d'Albi Claude Derens a annoncé s'être dessaisi du dossier sur la mort de Rémi Fraisse au profit du parquet de Toulouse.

Selon lui, des traces de "grenades offensives" et de TNT ont été retrouvées sur les vêtements du jeune homme du jeune militant. "On a retrouvé des traces de TNT, sur certains scellés, provenant des effets vestimentaires de la victime", a annoncé le procureur. Ces résultats "orientent donc l'enquête, puisque la mise en oeuvre d'un explosif militaire de type grenade offensive semble acquise au dossier", a dit le magistrat, qui a précisé que "le TNT figure dans la composition des charges des grenades lacrymogènes ou offensives utilisées par les gendarmes".

Des grenades offensives utilisées par la gendarmerie nationale dont la responsabilité ne peut plus être exclue. D'où la raison de son désaisissement, les faits impliquant des militaires. C'est en effet du ressort du pôle criminel de Toulouse d'instruire des faits commis par des militaires de la gendarmerie, dans le Tarn. Le sac à dos de la victime, élément clé qui pourrait permettre à l’enquête d’avancer, n’est pas en possession des gendarmes a confirmé le procureur. Une information judiciaire pourrait être ouverte demain mercredi, a par ailleurs confié le procureur Claude Dérens

Suspensions de l'utilisation des grenades offensives

En fin d'après-midi, le ministre de l'Intérieur bernard Cazeneuve a annoncé la mise en place d'enquête de la part de l'inspection générale de la gendarmerie et de celle de la police nationale sur les conditions d'utilisations des grenades offensives. les résultats son attendus sou 15 jours. D'ici là, leur utilisation est suspendue. Elles sont utilisées depuis une cinquantaine d'années. Plus d'explications sur les conditions d'utilisations des grenades offensives ici.

Notre dossier complet sur ​la mort ​de Rémi Fraisse et le barrage de Sivens


Réagissant à la déclaration du procureur, Me Arié Alimi, avocat de la famille de Rémi Fraisse, a déclaré : "l'hypothèse que nous soutenions depuis hier
(lundi) se confirme. C'est bien une grenade offensive qui a été délibérément utilisée par les gendarmes dépendant du ministère de l'Intérieur et du ministère public
". "A la tragédie vécue par Rémi, et ses parents et ses proches, s'ajoute un véritable scandale sans précédent dont chacun devra tirer les conséquences, pour que plus jamais la violence d'Etat, sous toutes ses formes, ne puisse trouver encore à s'exercer", a-t-il ajouté.

Il a confirmé avoir déposé deux plaintes à Albi ce mardi : l'une pour "homicide volontaire" et l'autre pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Il a de plus diffusé une déclaration des parents de Rémi qui appellent à "ne pas répondre à la violence par la violence". Ils refusent de s'exprimer directement ou plus amplement pour l'instant.

Le flou perdure sur les circonstances de la mort de Rémi, tombé lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dimanche à 2h sur le site du barrage. Les accusations de "violences policières" ont suscité une vague de manifestations, voire de heurts, dans plusieurs villes de France, dont Albi, où les CRS patrouillaient en nombre mardi.
Le point sur l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse

 

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