Carole Delga dénonce “l'hystérisation” autour de l'immigration et interpelle directement Emmanuel Macron

Carole Delga / © VALENTINE CHAPUIS / MaxPPP
Carole Delga / © VALENTINE CHAPUIS / MaxPPP

La présidente PS de la région Occitanie publie une tribune dans le journal Aujourd'hui en France-Le Parisien intitulée "L'immigration n'est pas la mère de tous nos maux".

Par Fabrice Valery

Avec le combat contre le Front National et les idées d'extrême-droite, la politique d'immigration est des sujets de politique nationale qui préoccupent le plus Carole Delga. 

Dans un tribune publiée ce dimanche 10 novembre dans le quotidien Aujourd'hui en France, la présidente PS du Conseil régional d'Occitanie, dénonce "l'hystérisation" autour du sujet de l'immigration et interpelle vivement le Président de la République Emmanuel Macron. 

"Un débat mortifère"

Elle y regrette notamment que les appels à "changer de cap pour répondre aux attentes de nos concitoyens en matière d'emplois, d'environnement, de pouvoir d'achats, de transports, d'éducation..." issus du Grand débat consécutifs au mouvement des Gilets jaunes aient aujourd'hui disparu, écrasés par des discussions sur l'immigration, l'islam, le port du voile, etc.

On a eu de cesse d'assister au "grand effacement" de ces revendications sociales légitime au profit d'un débat mortifère, et éculé depuis 30 ans, "immigration, islam, voile". L'hystérisation de ce sujet n'a qu'un but : creuser la division du pays, graver dans le marbre la coupure entre les élites et le peuple, à des fins électoralistes. Son résultat est connu d'avance : elle profitera, à court et moyen terme, à l'extrême droite.

"Je ne suis pas une Bourgeoise qui ne croise pas l'immigration"

L'élue, ancienne ministre sous François Hollande, s'en prend aussi directement aux membres du gouvernement.

Je ne suis pas une "Bourgeoise" qui ne croise pas l'immigration. Je ne crois pas, comme l'a dit un ministre, que les êtres humains qui fuient la guerre et la misère font ici "du tourisme médical" (...) Je ne suis ni dans cette "bonne conscience" ni dans "l'angélisme" dont on accuse systématiquement celles et ceux qui, avec raison, refusent que notre République puisse conforter, par ses mots et ses actes, l'idée dangereuse qu'immigration et crise économique sont liées".

Je crois, surtout, comme une très grande majorité de citoyens, que notre pays aspire à l'apaisement et au rassemblement. Cela nécessite de dire la vérité, de créer du lien, au lieu de choisir cyniquement la stigmatisation et la caricature : l'immigration n'est pas un choix, mais une déchirure, et sûrement pas la mère de tous nos maux.

Emmanuel Macron directement visé

En conclusion,  Carole Delga interpelle directement le Président de la République. 

Le doigt pointé sur les étrangers, la haine quotidienne déversée sur nos concitoyens musulmans, la surenchère cathodique sont des masques qui finiront par tomber. La France de 2019 n'a pas besoin d'un duel trompeur et dévastateur. Elle a besoin de relever des défis connus de tous. Ce qui mine ce pays, ce sont les inégalités et le déterminisme social. Ce qui inquiète les Français, c'est de voir les droits sociaux reculer, les services publics disparaître, l'avenir des enfants et de notre planète s'obscurcir, le système de santé s'enfoncer dans la crise… Il faudra bien s'en préoccuper car tout cela, monsieur le président, n'est ni un fantasme, ni une hypocrisie, ni l'ancien monde : c'est le monde réel.

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