Climat : à Toulouse, un collectif de salariés, d'étudiants, de citoyens imagine un avenir avec moins d'avions

Un collectif baptisé Pensons l’aéronautique de demain créé à Toulouse au début de la crise liée au Covid plaide pour une réduction du trafic aérien. Seule solution pour limiter les émissions de CO2. Il propose des assises l’été prochain pour en débattre.

A Toulouse, le collectif Pensons l'aéronautique de Demain imagine un avenir avec moins de trafic aérien seule solution pour limiter les émissions de CO2
A Toulouse, le collectif Pensons l'aéronautique de Demain imagine un avenir avec moins de trafic aérien seule solution pour limiter les émissions de CO2 © X De Fenoyl/MAXPPP

Ils sont ouvriers, étudiants, ingénieurs, employés, scientifiques ou simples citoyens. Ils ont pour point commun une conviction : il faut réduire le trafic aérien pour limiter les émissions de CO2 et repenser le secteur aéronautique pour prendre en compte le contexte écologique et sanitaire. Pour le collectif Pensons l’aéronautique de demain (PAD)*, c’est une réflexion qui est l’affaire de tous : patrons, salariés, élus et citoyens.

Repenser l'usage de l'avion

"Est-ce que c’est un modèle soutenable de prendre l’avion, d’aller au Machu Picchu, de faire des selfies et de les envoyer à ses copains", interroge Pascal Gassiot de la Fondation Copernic ? Clairement, la réponse est non pour tous les membres du collectif né au printemps 2020. Depuis qu’ils se sont rencontrés, les différents membres de ce groupe, comme la CGT aéronautique, Attac ou l'Atecopol , ont mis en place des ateliers d’échanges et de reflexions.

Ils sont sur la même ligne : "il est nécessaire de se diversifier, il faut sortir de cette mono industrie qui nous rend très vulnérable. Il faut diminuer le trafic aérien pour répondre aux enjeux climatiques," explique Maxime Léonard de la CGT Aéronautique. Repenser les usages notamment le tourisme de masse et les voyages d’affaire.

Depuis le début de la crise, par la force des choses, les avions étant cloués au sol, de nombreuses entreprises ont changé leurs façons de travailler. Fini les congrès et les réunions, place à la visio conférence. C’est bien la preuve pour le collectif que c’est possible de moins prendre l’avion. "En plus, les entreprises sont gagnantes car il y a moins de frais professionnels" dit Maxime Léonard.

"Dans la recherche, souligne un membre de l’Atecopol (une association qui regroupe des scientifiques), on voyageait beaucoup avant la crise. Désormais un certain nombre de chercheurs ont décidé de réduire leurs voyages ou de ne plus prendre l’avion."

Le Leurre de l'avion vert

Quant à l’avion vert, le collectif n’y croit pas trop. L’Atécopole a fait les calculs. "On s’est posé la question de ces promesses d’avion vert pour 2035", dit un de ses membres."Pour faire décoller tous les avions de Roissy le besoin en électricité pour produire de l’hydrogène nécessiterait 16 réacteurs nucléaires ou alors il faudrait couvrir un département entier de panneaux photovoltaïques. Et puis l’urgence climatique c’est maintenant ce n’est pas en 2035 !"

La solution est ailleurs et à inventer. Il faut imaginer de nouveaux modes de transport non polluants et augmenter le trafic ferroviaire selon un membre du collectif.

Les pistes sont encore à définir, avec les élus, les décideurs et les citoyens. Car il faut remettre la population au cœur de la réflexion selon le collectif. Des propositions concrètes seront débattues lors d’Assises qui devraient se tenir à Toulouse l’été prochain.

Le collectif pensons l'aéronautique de demain est constitué de plusieurs associations, syndicats, ONG ou groupe de salariés : la CGT Coordination de l’aéronautique, l'EAS (Etudiants pour une Aéronautique Soutenable), le CCNAAT (Collectif contre les nuisances aériennes de l'agglomération toulousaine), l'ATECOPOL, ATTAC, l'Université Populaire de Toulouse, les Amis du Monde Diplomatique de Toulouse, le Manifeste pour l'Industrie, la Fondation COPERNIC, ICARE (Collectif de salariés), le Collectif « Non au T4 ».

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