Cold case : 17 ans après son crime, Patrick Canié condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son voisin Henri Rozès

Après deux jours d'audience, Patrick Cagné, 58 ans, vient d'être condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour d'Assises de Haute-Garonne pour avoir tué son voisin Henri Rozès à Plaisance-du-Touch le 7 mai 2007. Une condamnation 17 ans après les faits.

L'affaire avait longtemps été classée sans suite, mais ce "cold case" vient enfin d'être résolu. Ce vendredi 29 mars 2024, la Cour d'Assises de Haute-Garonne vient de condamner Patrick Canié, 58 ans, à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tué à coups de couteau son voisin de palier Henri Rozès en mai 2007 à Plaisance-du-Touch (31).

Une énigme meurtrière enfin résolue

Après deux heures de délibéré, pour les jurés, la culpabilité de Patrick Canié était une certitude au regard de ses aveux. Ce procès a pu lever le voile sur le meurtre de Henri Rozès, longtemps resté une énigme meurtrière. 

Le 7 mai 2007, Patrick Cagné aurait eu une énième dispute avec son voisin Henri Roziès, hémiplégique, sur le montant de sa pension handicap. Les deux hommes vivaient face à face en rez-de-chaussée d'un petit immeuble à Plaisance-du-Touch et étaient tous les deux handicapés.

Henri Roziès reprochait souvent à son voisin de toucher plus que lui. "Il ne supportait plus sa souffrance physique à cette époque-là et la jalousie de son voisin, il a "pété un plomb" comme il le dit lui-même", explique son avocat Me Cédric Bréan. 

Ce jour-là en effet, il repart chez lui, s'empare d'un couteau de cuisine et revient poignarder au thorax à cinq reprises son voisin. L'homme s'effondre et meurt dans son appartement. Patrick Canié se débarrasse ensuite de l'arme et alerte ses voisins le lendemain sur l'absence de nouvelles de Henri Rozès.

Patrick Canié se dénonce en 2020

Un temps soupçonné, il sera mis en garde à vue en 2007 puis relâché faute de preuves. Pendant des années, l'enquête patinera. Elle sera classée sans suite deux ans plus tard.  

Mais en août 2020, 13 ans après les faits, retournement de situation. "Il ne supportait plus vivre avec ça sur sa conscience", précise son avocat. Patrick Canié se rend dans un commissariat et avoue le meurtre de son voisin. 

Pour les deux filles de la victime, c'est un soulagement. "Nous pouvons enfin mettre un visage sur son meurtrier. Mais ce procès remue beaucoup de mauvais souvenirs. Pourquoi avoir attendu 13 ans ? Maintenant, il faut qu'il assume son acte et qu'il paye", nous explique Nathalie Rozès. 

Il s'excuse devant les filles de la victime

Ce vendredi 29 mars, avant le verdict, l'accusé s'est de nouveau excusé en s'adressant aux filles de Henri Rozès : "Une personne vulnérable. Comment j'ai pu ? J'ai perdu la tête. J'ai honte".