Contamination de vaches laitières par la grippe aviaire : “un événement rarissime, exceptionnel et ponctuel”

Des cas de grippe aviaire ont été détectés chez des vaches laitières aux Etats-Unis. Une découverte inédite mais qui ne doit pas inquiéter les éleveurs bovins français, comme l’explique le professeur Jean-Luc Guérin, chercheur en pathologies aviaires à l’école vétérinaire de Toulouse.

Des cas de grippe aviaire chez des vaches laitières, la situation est sans précédent. Mercredi 27 mars, les autorités texanes ont annoncé que plusieurs bovins de fermes laitières du Texas et du Kansas avaient été testés positives à l’IAHP, l’influenza aviaire hautement pathogène. Pour autant, cet événement ne doit pas inquiéter les éleveurs bovins comme l'assure le professeur Jean-Luc Guérin, chercheur en pathologies aviaires à l’école vétérinaire de Toulouse.

France 3 Occitanie : c’est inédit une contamination des vaches par la grippe aviaire ?

Jean-Luc Guérin : l’identification de ce virus sur les bovins, c’est un fait nouveau et rarissime. Nous surveillons de très très près les infections des mammifères exposés aux oiseaux. Ces vaches vivaient dans des champs, elles étaient en contact avec des oiseaux qui pourraient avoir été porteurs du virus et les avoir contaminés.

En revanche, nous avons déjà constaté de nombreux passages de ce virus à des mammifères. Dans l’immense majorité des cas, il s’agit de carnivores (des chats, des ours, des renards) qui ont été infectés au cours de la prédation ou de la consommation d’un oiseau infecté. Le virus a aussi été détecté chez plusieurs mammifères marins (phoques, lions de mer) et chez des mustélidés (visons, furets). Ces contaminations sont bien connues et sont liées aux aptitudes du virus à passer la barrière de l’espèce. Il y a eu une telle quantité de cas d’oiseaux infectés et morts que cela a entraîné l’exposition d’autres espèces.

France 3 Occitanie : doit-on craindre une épidémie chez nos bovins en France ?  

Jean-Luc Guérin : cette contamination sur des ruminants, c’est un événement rarissime exceptionnel et ponctuel. Normalement, les ruminants ne sont pas sensibles à ce virus. Et malgré ces contaminations, il n’y a pas d’épidémie à craindre chez les bovins. Il s’agit d’un cul-de-sac épidémiologique. En France et en Europe, beaucoup d’exploitations sont des élevages mixtes volaille-bovin et nous n’avons pourtant rien vu chez nous.

Les premières données ne suggèrent pas de mutation d’adaptation du virus (qui lui permettrait de contaminer les mammifères). Il n’y a pas d’adaptation alors il n’y a pas de risque de multiplication, de transmission entre mammifères.

France 3 Occitanie : quels sont les risques pour les vaches et pour l’homme ?     

Jean-Luc Guérin : Pour les bovins, nous ne pouvons pas encore dire comment le virus agit sur eux. A priori, ils n’ont pas les mêmes symptômes que les oiseaux mais c’est trop tôt pour être formel. Mais il n’y a toujours aucun risque pour l’homme.

L’interface oiseau-mammifère des virus est aujourd’hui un sujet de préoccupation mondial. L’école vétérinaire de Toulouse a récemment ouvert une chaire spécifique pour étudier ce phénomène.

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