Coronavirus : les anti-inflammatoires pourraient aggraver l'infection de Covid-19 selon le CHU de Toulouse

Trois jeunes infectés par le Covid-19 seraient actuellement dans un état grave au CHU de Toulouse. S'il n'est pas encore sûr qu'ils aient tous pris des anti-inflammatoires, le professeur Jean-Louis Montastruc, directeur de la pharmacologie de l'hôpital alerte sur les risques liés à ces médicaments.

© A.Delpey/MAXPPP
Attention si vous prenez de l'ibuprofène ou de la cortisone : mieux vaut arrêter dès maintenant. L'information n'a cessé de faire le tour des réseaux sociaux, et ce matin elle a été confirmée par le Ministre de la Santé : la prise d'anti-inflammatoires pourrait aggraver les symptômes du coronavirus. 
   

Trois jeunes dans un état grave

Au CHU de Toulouse, 3 jeunes seraient gravement infectés par le coronavirus. Une nouvelle étonnante, alors que cette population est normalement protégée des formes graves de la maladie. Si leur état ne permet pas de confirmer l'information, il se pourrait bien qu'ils aient tous pris des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS). 

Pour le professeur Jean-Louis Montastruc, chef du service de pharmacologie médicale et clinique du CHU de Toulouse, ce n'est pas une surprise. Depuis 2019 et la sortie d'une enquête de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), il alerte sur les dangers de prendre ce genre de médicaments lors de fièvres ou d'infections : 

Prendre des AINS, notamment l'ibuprofène et le kétoprofène, peut entraîner une aggravation vers des infections pulmonaires, cérébrales, ou encore des tissus cutanés graves.

Déjà le 13 mars, il publiait sur les réseaux sociaux une alerte sur ces risques de complication :
 


"On ne pèse pas assez la différence avantage-risque"

Pourquoi alors n'a-t-on jamais parlé de ces dangers relatifs à la prise des AINS ? Pour le pharmacologue, la réponse est simple :

Personne ne s'intéresse aux effets indésirables des médicaments. On ne pèse pas assez la différence avantage-risque. Et puis ce n'était sûrement pas de bon ton de dire que les anti-inflammatoires pouvaient être dangereux...

Donc si vous ou un proche ressentez des symptômes similaires à ceux du coronavirus, mieux vaut se tourner vers le paracétamol (Doliprane, Dafalgan, etc) pour éviter une infection grave, tout en veillant à ne pas dépasser les doses prescrites. 

L'information a été relayée tout au long de la journée. Certains médecins ont tenu sur les réseaux sociaux à la préciser :
 
Ce soir, le CHU a démenti que le Docteur Muriel Alvarez ait divulgué ces éléments : 
Ce qui n'empêche pas l'hôpital toulousain d'indiquer : "En revanche, le CHU de Toulouse tient à rappeler, comme cela a été fait ce jour par le ministre, des Solidarités et de la Santé, qu'il faut être très prudent dans l'utilisation des anti-inflammatoires qui peuvent augmenter le risque de complications en cas de fièvre et d'infection. Il est essentiel de suivre les conseils des médecins traitants."

 
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