Coronavirus : atteinte du Covid-19, elle s’endort à Mulhouse, elle se réveille guérie à Toulouse

Lucienne Baldeck, 66 ans, ex malade du coronavirus est rentrée chez elle à Mulhouse après un mois de soins intensifs à la clinique d'Occitanie à Toulouse / © FTV
Lucienne Baldeck, 66 ans, ex malade du coronavirus est rentrée chez elle à Mulhouse après un mois de soins intensifs à la clinique d'Occitanie à Toulouse / © FTV

En pleine épidémie de coronavirus, pour faire face à la saturation des hôpitaux, des patients de la région Grand Est avaient été transférés loin de chez eux. C'est le cas de cette habitante de Mulhouse qui s'est réveillée guérie...à Toulouse. Témoignage.

Par Entretien Stéphanie Bousquet et Eric Coorevits

C'est un grand jour pour Lucienne Baldeck, 66 ans. Ce lundi 4 mai, elle rentre chez elle à Mulhouse. Elle avait été transférée début avril à Toulouse en pleine épidémie de coronavirus. Les services hospitaliers de sa région étaient saturés.

Il y a deux semaines elle ouvre les yeux dans un lit de la clinique d'Occitanie à Muret, près de Toulouse.
Ce jour-là quand elle se réveille, elle se dit qu'elle est vivante. Son dernier souvenir remonte au 27 mars juste avant qu'elle soit plongée dans un coma artificiel, le temps de la guérir du coronavirus.
 

Elle s’endort à Mulhouse, elle se réveille à Toulouse

Masque bleu sur le visage, un pansement sur la gorge, signe de son intubation récente, elle prend le temps de répondre avant de rejoindre l'ambulance qui doit la ramener à l'aéroport de Toulouse pour un rapatriment sanitaire chez elle à Mulhouse.

"C’est un grand jour parce que je retourne chez moi, je vais pouvoir voir mes proches je suis contente de pouvoir repartir.
Que s’est il passé ? Au début je ne sais pas, je dormais mais quand je me suis réveillée j’étais contente d’être là. Je suis vivante je m’en suis sortie c’est la première chose que je me suis dite une fois réveillée.
Je sais seulement que quand ils m’ont dit qu’ils allaient m’endormir, j’ai demandé à téléphoner à mon mari pour lui dire que je ne rentrerai pas et je lui ai dit au revoir. A ce moment-là j’ai eu peur de ne pas revenir."

Au début je n’y croyais pas quand on me disait que j’étais à Toulouse, après quand j’étais mieux réveillée avec l’accent et des mots différents de chez nous j’ai compris que j’étais à Toulouse.


"J'ai eu de la chance, je n'ai aucune séquelle"

"A Mulhouse, il y avait le camp militaire mais si j’étais restée là bas peut être que je ne m’en serais pas sortie.
Ici, le personnel avait du temps pour moi, gentil, toujours aux petits soins. Je sais qu’elles étaient souvent avec moi quand j’étais dans le coma, qu’elles me parlaient. Et puis je suis une battante, je ne me laisse pas abattre si vite.
J’ai eu de la chance, je marche et j’ai seulement les mains qui ont moins de force, je n’ai aucune séquelle."


"Retrouver les miens et profiter de la vie"

"Je suis contente de rentrer chez moi de retrouver les miens, cela me manque de ne pas avoir mon mari à côté de moi.
Ma famille m’attend mais je voudrais d’abord me retrouver seule avec mon mari, tous les deux. Je ne l’ai pas vu depuis le 27 mars.

Après ça on voit la vie autrement. Maintenant on va faire tout ce qu’on a envie de faire, profiter... partir en vacances, moi j’aime bien marcher, faire des balades."



En images, le reportage de Stéphanie Bousquet et Eric Coorevits


 

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