Coronavirus : la fréquentation des centres de consultation en baisse, mais ils restent prêts pour un éventuel rebond

La fréquentation a baissé dans les 10 centres de consultations "spécial-coronavirus" mis à disposition par la Mairie de Toulouse dans divers centres culturels et salles municipales, pour soulager les urgences du CHU et les cabinets médicaux. Ils restent ouverts pour faire face à un éventuel rebond.

Depuis le 23 mars des centres de consultation "spécial-coronavirus" ont été ouverts à Toulouse, comme ici au centre culturel Soupetard.
Depuis le 23 mars des centres de consultation "spécial-coronavirus" ont été ouverts à Toulouse, comme ici au centre culturel Soupetard. © MaxPPP
L'objectif était d'atténuer la pression sur les urgences de l'hôpital et les cabinets des médecins généralistes : en accord avec l'Ordre des médecins et les autorités sanitaires la Mairie de Toulouse avait mis à disposition divers centres culturels et salles municipales, pour y accueillir une quinzaine de centres de consultations "spécial-coronavirus".
Au total depuis leur ouverture le lundi 23 mars dernier, 1267 patients y ont été accueillis.
Sur l'ensemble de la Haute-Garonne ce sont au total 60 centres du même type qui ont été ouverts, pour un peu plus de 9000 consultations effectuées.
Si l'on additionne les téléconsultations (18 000 par semaine depuis la fin mars) et celles en cabinets de médecine générale, il y a eu au total 30 000 patients qui ont consulté pour un cas de Covid-19 ces trois dernières semaines.
Cependant, ce jeudi 16 avril à toulouse, 28 personnes - seulement, serait-on tenté de dire - ont été reçues dans l'un des 10 centres de la ville.
Pour autant tous ces points d'accueil vont rester ouverts dans les semaines qui viennent : leur nouvel objectif sera d'accompagner le déconfinement progressif qui se profile à l'horizon du 11 mai prochain, et de conserver intacte leur capacité à faire face à un éventuel "rebond" du Covid-19.

Alerte chez les généralistes

Dans le même temps les 1 800 médecins généralistes du département ont constaté une forte baisse de la fréquentation de leurs cabinets pour les pathologies autres que le coronavirus.
Il est clair que ce n'est pas une bonne nouvelle d'un point de vue de santé publique :

On a retrouvé des gens morts à leur domicile faute d'être aller consulter leur médecin traitant. On a aussi constaté des aggravations de certaines pathologies : par exemple une simple appendicite qui a évolué carrément en péritonite,

souligne le Dr Stéphane Oustric, président de l'ordre des médecins de haute-Garonne.
Pour lui ces centres de consultations "spécial-coronavirus" doivent continuer à fonctionner, y compris à partir du début du déconfinement annoncé pour le lundi 11 mai prochain.

Il devra se faire de manière très progressive, dans un dialogue constant entre les pouvoirs publics et les professionnels de santé

ajoute-t-il.

Selon lui seule une sortie graduelle du déconfinement permettra d'absorber le rebond prévisible des contaminations au Covid-19, et de limiter à 1% le taux de mortalité.
En revanche il est contre un découpage de la population en tranches d'âges ou de professions. :

Il existe des personnes de 90 ans ne souffrant d'aucune pathologie, et d'autres qui ont déjà eu 3 cancers à 55 ans. Il y a aussi des métiers beaucoup plus exposés que d'autres, où l'on ne pourra pas remettre immédiatement deux tiers ou trois quarts des salariés au travail.

Cet argument est corroboré par un autre chiffre mis en avant par le maire de Toulouse : 

sur les 960 résidents des EHPAD dépendant du CCAS de la ville de Toulouse, il y a eu zéro cas de coronavirus. Les 650 agents et soignants de ces établissements doivent en être tout spécialement remerciés.

Jean-Luc Moudenc a annoncé avoir reçu une promesse écrite de l'ARS (agence régionale de santé) pour la fourniture immédiate de tests de dépistage si le moindre cas de coronavirus était détecté dans l'un des établissements communaux.
Plus de 3 000 contraventions
Depuis 3 semaines et le vote de la "loi d'état d'urgence sanitaire" les agents de la police municipale de Toulouse ont été habilités - à l'instar de la gendarmerie et de la police nationale - à dresser des contraventions aux personnes pour non-respect des restrictions de sortie du confinement.
Au total ils ont établi 3 095 procès-verbaux à des personnes qui circulaient sans être munies d'une autorisation dérogatoire remplie en bonne et dûe forme.
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