A Toulouse, Le directeur du SAMU 31 invite les patients hors coronavirus à appeler le 15 en cas de symptômes graves

Des infarctus de plus en plus graves. C'est ce qui préoccupe Vincent Bounes, le patron des urgences du CHU de Purpan à Toulouse. En cause : des patients qui attendent trop longtemps avant de se décider à contacter le 15.

Le professeur Vincent Bounes, directeur du SAMU 31, sur le plateau de notre émission "Tous ensemble contre le coronavirus" en mars 2020.
Le professeur Vincent Bounes, directeur du SAMU 31, sur le plateau de notre émission "Tous ensemble contre le coronavirus" en mars 2020. © France 3 Occitanie
Ne pas attendre avant d'appeler le 15 quand les symptômes sont graves. C'est le message que veut faire passer Vincent Bounes, directeur du SAMU 31, aux toulousains et habitants des alentours. Nous l'avons interviewé par téléphone.

Quelle est la situation actuelle aux urgences de Toulouse ?

On remarque beaucoup de cas d'infarctus ces derniers jours, mais surtout des infarctus plus graves que d'habitude. Les gens restent cinq jours chez eux avant de se décider à appeler les urgences. Or, le délais entre le début des symptômes et la prise en charge est déterminant. Dernièrement nous avons reçu un patient qui avait fait un AVC dix jours plus tôt ! Dans ces cas là il n'y a aucune chance de récupération. Plus un accident cérébral est pris tôt, plus les chances de récupération sont élevées. Attendre dix jours pour commencer un traitement c'est forcément garder des séquelles lourdes très longtemps. Et c'est la même chose pour les infarctus.

D'après vous, pourquoi les personnes malades hésitent avant d'appeler le 15 ?

La moitié sont des personnes qui ont peur du Covid, l'autre ne veut pas déranger le personnel soignant. Il y a toujours eu des patients qui attendent, de peur de déranger. Mais là, c'est beaucoup plus grave. On a jamais vu des gens attendre aussi longtemps pour des choses aussi graves. 

Comment rassurer ceux qui ont peur d'être contaminé par le coronavirus en venant à l'hôpital ?

Tous les hôpitaux ont un double circuit : l'un pour les patients atteints du coronavirus, et l'autre pour les autres pathologies. Ce sont deux secteurs bien précis pour éviter tout risque de contamination. Nous sommes préparés à recevoir tout le monde.
 
Avez-vous la place de recevoir tous les patients ?

Bien sûr. On a beaucoup de places puisqu'on est plutôt en phase descendante. Tout a été déprogrammé, on a des lits disponibles, on peut largement recevoir des patients hors Covid.
 
Y a-t-il d'autres cas qui vous inquiètent ?

Oui, il y a aussi les pathologies psychiatriques comme les tentatives de suicide, l'intoxication aux comprimés ou encore les pathologies chroniques. Ce sont des patients qui étaient bien suivis, avec tout un réseau de personnel soignant qui se retrouvent tous du jour au lendemain confinés. Il ne faut pas attendre trop longtemps avant de contacter le 15. La plupart des pathologies, il vaut mieux les traiter en état précoce, il y a de meilleures chances de récupération. Si le patient attend trop, ça peut devenir vraiment lourd, voire, nécessiter le recours à une hospitalisation.

A partir de quand doit-on s'inquiéter, et à partir de quand doit-on appeler le SAMU ?

Si vous avez des douleurs dans la poitrine, un bras qui ne fonctionne plus, appelez immédiatement le 15. Le message à faire passer c'est que les gens ont le droit d'être malade d'autre chose que le Covid. Le 15 est toujours ouvert pour les symptômes inquiétants. Si vous avez un doute sur l'urgence, appelez un médecin, il saura vous orienter vers les urgences si nécessaire. Il y a des situations qui ne peuvent pas attendre. Si vous êtes déprimez, appelez un psychologue ou un numéro vert de soutien. 
 
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