Coronavirus : le plan blanc de l'hôpital psychiatrique Marchant de Toulouse

L'hôpital Gérard-Marchant de Toulouse accueille des patients en hospitalisation et en ambulatoire. / © Michel Viala/MaxPPP
L'hôpital Gérard-Marchant de Toulouse accueille des patients en hospitalisation et en ambulatoire. / © Michel Viala/MaxPPP

Comme toutes les structures hospitalières, l'hôpital psychiatrique Gérard-Marchant de Toulouse est en ordre de bataille pour faire face à l'épidémie de Coronavirus. Les détails de son plan blanc avec son directeur général, Bruno Madelpuech.

Par Marie Martin

En quelques jours, l'hôpital Marchant de Toulouse s'est donc organisé pour activer sa cellule de crise, son "plan blanc" et s'adapter ainsi à l'épidémie et aux recommandations gouvernementales.

L'hôpital psychiatrique Gérard-Marchant accueille des patients hospitalisés (environ 400), mais aussi des malades en service ambulatoire, des persones âgées, des enfants, des détenus. Toutes les mesures prises pour lutter contre le virus le sont en fonction des situations.
 

Gestes barrières et interdiction des visites

"Concernant les personnes hospitalisées, les derniers jours ont été consacrés à la sensibilisation aux gestes barrières", explique Bruno Madelpuech, directeur général de l'hôpital. "Mais ce n'est pas simple avec des malades souffrant de pathologies lourdes, comme par exemple la schizophrénie". 
Dans ces unités d'hospitalisation, toutes les visites, à quelques très rares exceptions, sont interdites. "Le système s'est resserré depuis deux jours".

Y a-t-il eu ou y a-t-il des cas de coronavirus avérés dans les unités d'hospitalisation ? "Dans 2 unités sur 12, il y a un cas de suspicion mais comme il n'y a pas de test systématique, ils ne sont pas avérés. Des protections supplémentaires ont été mises en place et la surveillance est renforcée, comme à domicile". 

Des soins à distance

L'accueil des patients en ambulatoire est désormais strictement limité. Tous les rendez-vous, les suivis qui le peuvent se font par téléphone. "Nous maintenons l'activité mais les soins se font à distance, par téléphone. On appelle les patients pour les rassurer, pour éviter qu'ils ne décompensent pendant la crise, d'autant que celle-ci va sûrement durer. Toutes les activités de groupe ont été supprimées, et les rencontres individuelles physiques sont extrêmement limitées, dans le cas où le patient a besoin d'une injection, par exemple". 

Protection des personnels

Sur la question de la protection des personnels, Bruno Madelpuech rappelle que l'hôpital Marchant fonctionne en pleine coordination avec le CHU, qu'il ne manque pas de masques et que les salariés n'en sont pas équipés à 100 %, sauf ceux qui sont en contact avec les personnes âgées et les détenus.

Par contre, pour ne pas surexposer les personnels en début d'épidémie, et pour pouvoir "tenir dans la durée", une partie des soignants est en réserve, prête à prendre le relais dans une semaine ou plus. Le taux d'absentéisme, haibtuellement entre 5 et 10 %, n'est actuellement pas alarmant. S'il devait dépasser 10 %, d'autres mesures seraient prises.

"Ils font un travail extraordinaire"

Bruno Madelpuech rend d'ailleurs hommage aux personnels de Marchant : "On n'est pas sous la lumière, en psychiatrie, on a même déjà l'habitude d'une organisation un peu confinée mais je dois dire qu'ils font un travail extraordinaire. Ils ont des comportements qui méritent vraiment des applaudissements".

L'hôpital s'attend à une montée en charge progressive. Pour le moment, il est constaté davantage d'appels de familles qui se retrouvent confinées avec leur proche souffrant de pathologies psychiatriques et qui sont désemparées mais cela risque d'augmenter de jour en jour. 

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