Coronavirus : un retour à l'école qui s'annonce compliqué

Très attendu, le protocole sanitaire pour organiser la réouverture des écoles élémentaires a été publié jeudi par l'Education nationale.
A Toulouse, ces règles sanitaires suscitent interrogations et inquiétudes chez les enseignants et les parents d'élèves.

Le retour à l'école est prévu pour le 11 mai 2020 en France.
Le retour à l'école est prévu pour le 11 mai 2020 en France. © Jean François Ottonello / MaxPPP
"Se laver les mains 8 fois par jour, maintien de la distanciation sociale, limiter le brassage des élèves, désinfection très régulière des locaux et du matériel, port du masque obligatoire pour le personnel enseignant, etc...", le protocole sanitaire très attendu fixant les règles pour la réouverture des écoles a enfin été édité hier par l'Education nationale pour les collectivités locales et les établissements scolaires.
67 pages de règles assez strictes qui risquent de causer quelques maux de tête aux directeurs et enseignants des écoles maternelles et primaires.

Une ligne de conduite détaillée

"Je l'ai découvert hier, on l'attendait depuis un moment. Quand je le lis, je me heurte à la question de la faisabilité concrète de ce que je dois faire", s'inquiète Valérie enseignante en CM1 et CM2 dans une école toulousaine.
En effet le protocole donne une ligne de conduite très détaillée de ce qui doit être fait ou pas fait en classe et dans la cour de récréation au sein de l'établissement en pleine pandémie.

Entrées échelonnées, pas plus de 15 élèves par pièce, sens de circulation dans la classe, interdiction de se déplacer, interdiction de toucher au matériel scolaire collectif, comme les jeux ou les livres. Entre autre.
Autant de règles qui vont être difficiles à faire appliquer à des enfants de moins de 11 ans.

Impossible à appliquer

Moi j'ai des élèves en difficultés ou souffrant de handicap, certains ont des soucis de comportement, je ne vois comment je vais pouvoir appliquer ce protocole, poursuit Valérie, institutrice. Ces élèves là, plus difficiles, ont besoin de manipuler des jeux, de travailler en groupe, d'être en interaction. Cela me paraît compliqué.

Et elle n'est pas la seule à s'inquiéter. Des parents d'élèves aussi s'interrogent. "Pour les tous petits, il n'y aura plus de jeux collectifs, ni de jouets dans les classes, j'ai peur que cela ait un impact sur leur envie d'aller à l'école, car l'école sera remplit d'interdits, réfléchit Virginie, maman de deux petits garçons de 4 et 6 ans scolarisés à Tournefeuille. Même si je comprends les règles sanitaires, ça me fait un peu peur de les remettre à l'école dans ces conditions-là. Mais nous n'avons pas vraiment le choix. Mon employeur risque de ne plus nous permettre de faire du télé-travail."

Une reprise malgré tout nécessaire

Pourtant ce cadre sanitaire précis était très demandé par les mairies et la communauté scolaire pour organiser une rentrée plus que particulière en pleine épidémie de coronavirus.
"Si je veux faire respecter toutes ces règles, je crains fort qu'on fasse plus office de garderie que d'école, la pédagogie et l'enseignement risquent d'être relayés au second plan, poursuit Valérie enseignante. Car selon le protocole nous sommes les "garants" de toutes ces contraintes sanitaires."

Malgré cela elle avoue que cette reprise lui semble nécessaire. Certains de ses élèves vivent à 9 dans un appartement, ils sont en souffrance psychique et doivent reprendre le chemin de l'école.
"Moi je sais déjà que je ne pourrais pas respecter ce cadre strict, c'est impossible". Je ferai au mieux conclut elle.

Une rentrée particulière

Le protocole fixe aussi les règles entre les élèves, pas de contact, rester à un mètre de distance, des groupes de moins de 5, les activités sportives collectives sont interdites.
Les recrés se feront aussi avec un nombre d'élèves très limité, des temps calmes dans la classe sont même préconisés.
Autant de contraintes auxquelles enfants, parents et enseignants vont devoir s'habituer.

Bref cette rentrée si particulière du 11 mai (qui sera sans doute échelonnée et progressive dans les écoles toulousaines comme ailleurs) n'aura pas la même saveur que celle de septembre où les embrassades font toujours partie des retrouvailles.





 

 

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