Covid-19 : "Rendre la vaccination obligatoire ? Pourquoi pas. Mais comment ?" s'interroge le patron du Samu 31

Dimanche 1er août, la Fédération hospitalière de France plaide pour la vaccination obligatoire. Une option que n'écarte pas Pr Vincent Bounes, patron du Samu 31 à Toulouse (Haute-Garonne), dans une situation où l'épidémie de Covid "augmente très vite et très fort" en Occitanie.
Les acteurs de la santé en Occitanie lancent un appel à la population pour se faire vacciner
Les acteurs de la santé en Occitanie lancent un appel à la population pour se faire vacciner © Sylvain Duchampt - FTV

La Fédération hospitalière de France a décidé de mettre les "pieds dans le plat". Dans le Journal du dimanche du 1e août, son président, Frédéric Valletoux, demande au gouvernement de "passer un cap" face au variant Delta et à la quatrième vague et d'imposer la vaccination obligatoire pour tous.

Nous n’avons plus le luxe de prendre des demi-mesures. Partout les indicateurs repartent à la hausse : le contexte épidémique nous montre les limites des mesures intermédiaires.

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France

 

Vacciner ! Vacciner ! Vacciner !

Pour le responsable du Samu 31, également à la tête du vaccinodrome de Toulouse (Haute-Garonne), "il faut trouver des propositions, clairement, pour inciter les gens à se faire vacciner". Rendre la vaccination obligatoire est-elle la solution ? Le Pr Vincent Bounes n'écarte pas cette option.

Pourquoi pas ! Mais comment la rendre obligatoire. Il faut que les gens comprennent que c’est une maladie qui tue, qui va provoquer des invalidités comme des essoufflements permanents ou très longs, où l’on peut perdre le goût et l’odorat. C’est une maladie qui est grave. J’étais de garde cette nuit. J’ai un patient qui est mort de la covid. Encore un. Un de trop. On a le traitement pour cette maladie, c’est le vaccin. On a maintenant du recul sur ce vaccin avec plus de 4 milliards de personnes vaccinées dans le monde. Le message à faire passer, c’est :"Vaccinons nous ! Vaccinons nous ! Vaccinons nous ! "

Pr Vincent Bounes, patron du Samu 31

En Occitanie, la question de la vaccination obligatoire devient d'autant plus prégnante que l'épidémie de Covid se diffuse "à un rythme extrêmement rapide dans l’ensemble de la région" selon les derniers indicateurs de l'Agence régionale de santé. 

Des hôpitaux débordés en août

Le transfert de patients dans différents services de réanimation de la région a d'ailleurs commencé. "Le système hospitalier n’est pas saturé, constate Vincent Bounes. Mais si nous continuons sur cette dynamique là, nous serons à nouveau débordés au courant du mois d’août."

"500 000 personnes devraient passer cet été par le vaccinodrome de Toulouse" se félicite le chef du Samu 31. Une personne sur deux est actuellement vaccinée en France. Pour atteindre l'immunité collective et arrêter la circulation du virus, ce chiffre doit atteindre les 70 %. "Voilà pourquoi un maximum de personnes doit se faire vacciner et en particulier les jeunes" assure-t-il.

Le Docteur Vincent Bounes (à gauche) est à la tête du vaccinodrome de Toulouse (Haute-Garonne).
Le Docteur Vincent Bounes (à gauche) est à la tête du vaccinodrome de Toulouse (Haute-Garonne). © MaxPPP

Pour Frédéric Valletoux, seule la vaccination obligatoire permettra d'atteindre cet objectif. Une option, qui selon lui "aurait la vertu de ne pas souffrir d'ambiguïté" :

C’est une mesure simple, claire et efficace, quand la mise en œuvre du pass s’annonce, elle, d’une complexité rare, notamment dans les hôpitaux pour tracer une frontière entre les patients pour lesquels il sera demandé à l’entrée, et les autres.

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France

La crainte des anti-Pass sanitaire

La solution n'a pas été écarté par le gouvernement. Le 12 juillet dernier, Emmanuel Macron estimait qu'"en fonction de l’évolution de la situation, nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français." Une déclaration faite alors que la mobilisation des anti-Pass sanitaire n'existait pas encore.

Après trois week-end consécutif, les rangs des oppossants à ce dispositif contre le covid ne cessent de grossirent. 204.090 manifestants ont été rencensés à travers toute la France, samedi 31 juillet.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vaccins - covid-19 santé société covid-19