Covid. Haute-Garonne : le centre de vaccination vandalisé de Saint-Orens rouvre ses portes au grand public

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Écrit par Corinne Carrière
Saint-Orens (Haute-Garonne) - le centre de vaccination et les 550 flacons jetés et piétinés au sol représentant 3.500 doses de vaccins détruites - 17 août 2021.
Saint-Orens (Haute-Garonne) - le centre de vaccination et les 550 flacons jetés et piétinés au sol représentant 3.500 doses de vaccins détruites - 17 août 2021. © DR

Vandalisé dans la nuit de lundi à mardi, le centre de vaccination de Saint-Orens-de-Gameville a assuré la vaccination anti-covid ce mercredi. Devant les autorités et la presse présentes ce matin, le médecin responsable du site encore choqué a exprimé tout son "écœurement" face à un tel acte.

Vandalisé dans la nuit de lundi à mardi et malgré la destruction de 3.500 doses de vaccins, le centre de vaccination de Saint-Orens-de-Gameville a rouvert ce mercredi. Le personnel a tout de même tenu à assurer ce matin la vaccination contre la covid-19. Une manière symbolique de montrer au grand public et aux autorités, l’implication, la mobilisation et la détermination de tout les professionnels, engagés dans cette campagne de vaccination depuis le mois de janvier 2021.

Le médecin responsable du centre de vaccination de Saint-Orens, Jean Favarel, a montré à la presse les centaines de doses jetées au sol :

"Toutes les doses ont été jetées au sol et ont été piétinées et l’armoire de sécurité dans laquelle il y avait les ordinateurs ont été jetées à terre. Aucune donnée informatique n’a été perdue, dans la salle de stockage rien n’a été volé pas même un stylo, c’était très ciblé".

Encore sous le choc, le médecin a exprimé tout son désarroi ce matin :

Que ce soit une minorité comme ça alors que l’on a plein de mots de remerciements, des gens aussi déçus de ne pas être vaccinés, ailleurs dans le monde, il y a des populations qui meurent car ils n’ont pas droit au vaccin et nous on jette 500 flacons, 3.500 doses, c’est écœurant...

Jean Favarel

La maire de Saint-Orens-de-Gameville, Dominique Faure, est venue soutenir les professionnels de santé du centre de vaccination, dénonçant à nouveau cet acte de vandalisme et félicitant les professionnels de santé pour leur "réactivité" et mobilisation.

Il était important après cet acte de vandalisme, très vite de se remettre en situation de vacciner tous ceux qui le souhaitent. La vraie liberté c’est de permettre à ceux qui le veulent de se faire vacciner. On est confronté à une montée de la violence dans notre société qui se traduit là par l’attaque d’un centre de vaccination.

Dominique Faure, maire de Saint-Orens.

"Un acte criminel, stupide et irresponsable"

La préfecture et l'ARS Occitanie ont dénoncé "ces actes inacceptables", présent sur le site ce matin le secrétaire général de la préfecture de la Haute-Garonne, Denis Olagnon, a exprimé  tout son soutien "à l’ensemble du personnel qui s’investit pour le bien commun" et a condamné fermement cet acte :

"Un acte stupide et irresponsable. 3.500 doses ont été gaspillées. Je rappelle que nous sommes dans une situation extrêmement difficile dans ce département, les autorités sanitaires ont déclenché le plan blanc il y a quelques jours, les services de réanimation sont sous tension, et dans ce contexte là, au niveau national on a des services de réanimation avec 87% des gens qui n’ont pas été vaccinés. Cette donnée met en perspective l’acte commis qui est un acte criminel et je souhaite que l’enquête puisse déterminer les circonstances et surtout permettre d’identifier les auteurs et qu’ils soient déférés à la justice".

"Une infraction pénale grave", les auteurs encourent jusqu’à 5 ans de prison

Une enquête est en cours et d’importants moyens sont déployés pour retrouver les auteurs. La section de recherche de Toulouse mène les investigations aux côtés de la brigade de recherche de la compagnie locale de Villefranche-de-Lauragais.

Pour le Général Charles Bourillon, commandant de groupement, commandant de la région d’Occitanie et du groupement de gendarmerie départementale de la Haute-Garonne, il s’agit "d’une infraction pénale grave".

"Nous sommes sur la dégradation de biens d’utilité publique et la mesure de cet engagement de la gendarmerie se traduit par le niveau des unités engagées", a t-il précisé.

Les auteurs encourent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et sont passibles d’une amende de 75.000 euros.

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