Covid : plus testés, les enfants ont désormais leur propre parcours de dépistage au CHU de Toulouse

Le CHU de Toulouse (Haute-Garonne) teste une centaine d'enfants par jour en ce moment, au lieu de dix en moyenne il y a quelques mois. Pour mieux gérer l'afflux des petits patients, une prise en charge dédiée et adaptée aux plus jeunes a été mise en place à Purpan depuis le 29 mars. Reportage.

Nouvelle prise en charge des enfants au drive Covid-19 au CHU de Purpan.
Nouvelle prise en charge des enfants au drive Covid-19 au CHU de Purpan. © FTV/ Stéphanie B.

Dès l'arrivée au drive Covid de Purpan, une porte d'entrée leur est entièrement dédiée. Depuis quelques jours, les enfants n'attendent plus à côté de la file d'attente classique. Ils sont désormais pris en charge en priorité.

Comme le petit Milan 6 ans, qui présente des symptômes de la Covid-19. " C'est bien ! On n'attend quasiment pas ", nous explique son papa, " surtout qu'il a de la fièvre et qu'il est malade. C'est bien qu'il puisse passer vite ".

100 enfants testés par jour au CHU

En effet face à la circulation du variant anglais, désormais dominant en Occitanie, qui touche autant les 10-19 ans que les adultes, les enfants sont de plus en plus nombreux à se faire tester au drive du CHU de Toulouse.

" Nous sommes passés de dix enfants testés par jour en moyenne, à une centaine en ce moment ", nous explique Françoise Soulier, cadre de santé au CHU de Toulouse. " Face à cet afflux, les enfants s'énervaient dans la file d'attente, stressaient et appréhendaient beaucoup plus le test PCR. Du coup on a décidé de les cocooner".

Une fois enregistrés, une agent hospitalière ou une infirmière viennent accueillir les plus stressés, dès leur entrée. Comme pour Tilly, 9 ans. Sa soeur a la Covid-19, elle doit se faire tester mais appréhende le test PCR naso-pharyngé. " C'est la première fois. J'ai peur que cela me fasse mal et d'avoir le coronavirus comme ma soeur ", dit-elle en serrant fort son doudou panda contre elle.

Une salle décorée pour eux

Le monde, les blouses blanches, le côté médical, la peur de la Covid, c'est impressionnant. Tout ceci les effraie. Ils ne comprennent pas qu'on doive leur faire un prélèvement dans le nez,

explique Solène Brunner, infirmière au CHU qui s'est spécialisée dans la prise en charge des enfants

Pour rassurer et réaliser le prélèvement sereinement, une salle a été décorée avec des dessins et des photos. Elle est ainsi plus chaleureuse pour les enfants. Les agents emploient aussi des mots et des images plus simples pour les décontracter, surtout les plus petits. Dès que Tilly s'installe dans le siège, Solène, l'infirmière, détend l'atmosphère.

Un test salivaire possible pour les plus réticents

" Je vais avoir besoin de faire une soupe de grottes de nez ? Tu as des grottes de nez ? Pour ce faire je vais avoir besoin de ma patte de chat et de ma soupe. Tu comprends ? " L'image marche, la petite fille sourit. En quelques secondes, l'infirmière réalise son prélèvement naso-pharyngé. Le tour est joué.

" Si il y a trop de stress. On propose désormais le test salivaire en dernier recours", nous précise la cadre de santé. L'idée est bel et bien de dédramatiser le moment.

Un variant anglais qui circule autant chez les jeunes que chez les adultes

L'Occitanie ne vit pas encore une troisième vague, le taux de positivité monte mais progressivement. Il n'y a pas, chez nous, de flambée épidémique. Mais le variant anglais est désormais dominant dans les contaminations et touche autant les 10-19 ans que les adultes.

explique le professeur Jacques Izopet, responsable du pôle biologie au CHU de Toulouse

Avec un virus qui circule plus chez les jeunes, les écoles de notre région sont confrontées à plus de cas. De plus, l'Education nationale exige à présent de fermer des classes en cas de Covid et de tester plus largement. Résultat : le nombre de mineurs testé au drive du CHU s'envole.

Tilly, elle, a reçu un diplôme pour avoir réussi son test. " J'aime pas ça, mais ça s'est bien passé ", conclut-elle sourire aux lèvres et diplôme à la main.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société