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Découvert à Toulouse, un tableau attribué au Caravage présenté à Londres

La présentation à Paris du tableau retrouvé à Toulouse / © AFP
La présentation à Paris du tableau retrouvé à Toulouse / © AFP

Le mystère sera peut-être levé ce jeudi lors de la présentation par une galerie londonienne, après deux ans de restauration, d'un tableau de la Renaissance, attribué au Caravage, découvert en 2014 dans un grenier à Toulouse. 

Par Vincent Albinet, avec AFP

Le guerrier lève des yeux - implorants, ébahis - vers la gracieuse jeune femme en train de lui trancher le cou à l'aide d'une épée : cette explosion de violence sur toile pourrait être un chef d'oeuvre du Caravage. 

Ce tableau de la Renaissance, que certains considèrent comme la dernière grande oeuvre du peintre italien, représente l'épisode biblique de la mise à mort du général assyrien Holopherne par Judith, afin de défendre la ville de Béthulie.  

L'existence de cette oeuvre, trouvée dans un grenier à Toulouse en 2004,  avait été révélée par le commissaire-priseur toulousain Maître Marc Labarbe puis le tableau authentifié au cabinet Turquin à Paris.

Mais il existait encore des discussions d'experts sur l'attribution au Caravage de cette oeuvre.  
    
Le mystère sera donc peut-être levé ce jeudi lors de la présentation par une galerie londonienne, après deux ans de restauration, du tableau.
    
Le Caravage avait bien évoqué l'existence d'une toile semblable dans une lettre à un ami. Mais l'attribution de toiles au grand maître du clair-obscur, mort à l'âge de 38 ans en 1610 après une vie agitée, est ardue du fait qu'il ne signait pas ses oeuvres et qu'il a souvent été copié.
    
Une autre toile "Judith et Holopherne" du Caravage de 1598 existe déjà, très différente de la peinture toulousaine, une huile de 144 sur 173 cm.
 
Si l'expert Eric Turquin, sollicité par les propriétaires du tableau, s'est dit convaincu qu'il est du Caravage, un autre expert mondialement reconnu du maître italien dont il a organisé plusieurs rétrospectives, Nicola Spinosa, a affirmé en 2016 y voir aussi "un Caravage authentique".
    

Enchères au printemps ?

    
"Il est d'une qualité exceptionnelle et correspond à la plus grande période du peintre, autour de 1605, moment où il parvient le mieux à traduire en peinture le drame des hommes", a ajouté Nicolas Spinosa.
    
Une conviction toutefois tempérée par d'autres connaisseurs de l'oeuvre du peintre, dont certains attribuent le tableau à Louis Finson, peintre flamand (1580-1617), contemporain du Caravage et qui l'a souvent copié.
    
L'oeuvre ne rejoindra en tout cas pas les collections françaises. Après l'avoir classée trésor national, empêchant sa vente à l'étranger jusqu'en novembre 2018, l'Etat français a laissé s'écouler le délai de 30 mois au cours duquel il pouvait l'acquérir. Les propriétaires ont donc fait une nouvelle demande d'obtention d'un certificat d'exportation, qui a été automatiquement accordé, a confirmé en janvier le ministère de la Culture.
    
Le manque de certitude sur l'authenticité ou la valeur marchande élevée (120 millions d'euros) du tableau alors que le budget des musées nationaux est réduit, peut avoir joué dans la décision de l'Etat de ne pas se porter acquéreur.
    
L'oeuvre est donc susceptible d'être mise aux enchères à la fin du printemps, selon Artprice, société experte du marché de l'art, d'après laquelle Eric Turquin sera en charge de la vente qui aurait lieu à Toulouse, à la Halle aux Grains, après une tournée à l'étranger.

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage, est un peintre italien né en 1571 à Milan et mort 1610. Son œuvre a révolutionné la peinture du XVIIème siècle notamment pas son réalisme qui tend parfois à la brutalité et son emploi du clair-obscur allant même jusqu'au ténébrisme.

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