Démissions administratives des chefs de services de pédiatrie : “On compte pour pas grand-chose”

"La pédiatrie est toujours la dernière roue de la charette", estime Jérôme Sales de Gauzy, chirurgien pédiatre à Toulouse. / © Xavier de Fenoyl/MaxPPP
"La pédiatrie est toujours la dernière roue de la charette", estime Jérôme Sales de Gauzy, chirurgien pédiatre à Toulouse. / © Xavier de Fenoyl/MaxPPP

Plus de 1 000 médecins et chefs de service vont démissionner administrativement et collectivement, mardi 14 janvier 2020, pour demander des moyens supplémentaires pour l'hôpital public. Un mouvement déjà initié au CHU de Toulouse en novembre dernier, particulièrement en pédiatrie. 

Par Marie Martin

1 600 médecins et chefs de service ont donc annoncé leur intention de démissionner ensemble, mardi 14 janvier 2020. Une action symbolique pour dénoncer le manque de moyens dans les hôpitaux publics français.

A Toulouse, une initiative de ce type a déjà été prise en novembre dernier. Elle concerne principalement les chefs de service de pédiatrie. "A l'hôpital des enfants, tous les chefs de service ont signé une pétition", explique le docteur Jérôme Sales de Gauzy, chirurgien pédiatre. "On a tous démissionné. Quand on ne sert à rien, on démissionne". 

"L'hôpital va très mal", poursuit le chef de service démissionnaire. "C'est très difficile. Si le mouvement, ici, est essentiellement suivi en pédiatrie, c'est parce que c'est la structure qui souffre le plus. On est toujours la dernière roue de la charrette. On compte pour pas grand-chose. Dès qu'on doit avoir du nouveau matériel, c'est toujours pour les adultes. On ne peut plus continuer comme ça. Avec un hôpital qui ne bouge pas depuis 20 ans. Il faut rétablir un certain équilibre".

Tout est régi par des questions budgétaires, alors, nous, on arrête...

Après cette alerte, les choses ont-elles évolué à l'hôpital des enfants ? "Il y a eu des rencontres, des analyses. On a été écouté mais a-t-on été entendu ? Je ne sais pas trop. Des interlocuteurs ont été désignés comme nouveaux chefs de pôle. La vie reprend son cours, sans réelle modification. Par exemple, on est en pleine épidémie de bronchiolite et parfois, il n'y a plus de places... "

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