Démissions à l'hôpital des enfants de Toulouse : “C'est l'histoire d'une catastrophe annoncée”

Des enfants de plus en plus nombreux, des familles en détresse et un personnel soignant à bout de nerf... C'est la situation décrite par plusieurs chefs de service de l'hôpital des enfants de Toulouse-Purpan. 13 d'entre eux viennent de démissionner de leurs fonctions administratives. Témoignage.

Par Karine Pellat

Après la démission la semaine dernière des 2 chefs de pôle, 13 chefs de service de l'hôpital des enfants du CHU Purpan ont eux aussi démissionné de leurs fonctions administratives. Un signal fort à l'adresse de l'administration pour dénoncer leurs conditions de travail. 

Tous décrivent une situation très problématique. L’hôpital des enfants, le seul sur Toulouse et sa région, manque cruellement de moyens.


"C'est l'histoire d'une catastrophe annoncée"


Parmi les grévistes, le docteur Agnès Suc, pédiatre au centre des douleurs et soins palliatifs pédiatriques. Elle exerce à l'hôpital des enfants depuis le début des années 2 000 et a vu les conditions de travail et l'accueil des enfants se dégrader petit à petit. Elle dénonce une logique comptable qui ne lui permet plus d'assurer son rôle de soignant convenablement. Même le bâtiment construit en 1998 ne serait plus adapté aux besoins. 

Le bâtiment est beaucoup trop petit et nous devons faire de nombreux allers-retours entre plusieurs autres bâtiments


L'hiver et ses épidémies


Les médecins, chefs de différents services craignent beaucoup l'arrivée de l'hiver et de ses épidémies : bronchiolite, grippe et gastro-entérite. Une période où la fréquentation est en forte hausse. Pour Agnès Suc, le risque c'est l'erreur de diagnostic, sur une population extrêmement vulnérable.

Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir assurer la sécurité des enfants. 
 

Une grève comme un appel à l'aide


Peu habitués aux mouvements de grève, ces chefs de service n'ont pas hésité. Leur action est bien sûr symbolique. Si le docteur Agnès Suc a accepté de témoigner c'est en blouse blanche, stétoscope dans la poche, entre deux patients.

Aujourd'hui, on a vraiment peur, on veut alerter

 


A l'occasion de la journée nationale des hôpitaux, les personnels médicaux et para médicaux seront en grève jeudi après-midi. 
La plupart d'entre eux seront réquisitionnés pour assurer la continuité des soins.

Voir le reportage de Nathalie fournis et Eric Foissac :
 

Sur le même sujet

Les + Lus