REPORTAGE. Aux obsèques de "Justo" Fontaine à Toulouse, toute une génération rend homme à la "star de l'époque"

Les obsèques du footballeur Just Fontaine, recordman du nombre de buts inscrits lors d'une phase finale de Coupe du monde (13),se tiennent lundi 6 mars 2023 à Toulouse (Haute-Garonne) à la cathédrale Saint-Etienne. Personnalités du football et amateurs se sont mêlés à cette cérémonie.

Deux photos - une en noir et blanc, l'autre en couleur - et un cercueil enveloppé du drapeau tricolore. À n'en pas douter, c'est bien un digne représentant du football français qui est honoré, lundi 6 mars, à la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse. 

Le football local et national présent

La foule qui s'amasse près de l'entrée de l'enceinte religieuse, bien en avance du début de la cérémonie en atteste également. Les célébrités du football local (Fabien Barthez et Damien Comolli) et national (Alain Giresse, Guy Roux, Frédéric Thiriez, Philippe Diallo) sont là également.

Il est 13h40, la cérémonie doit débuter dans vingt minutes, mais tout le monde est déjà là, silencieux. Puis soudain les cloches retentissent et le cercueil entre dans la cathédrale, suivi de près par la famille de Just Fontaine, son épouse Arlette en tête. La foule suit, mais tout le monde ne trouvera pas place assise à l'intérieur. Au micro, Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, prend la parole en premier pour évoquer l'amour que portait le héros de 1958 à cette ville qui l'avait accueilli à ses 50 ans. Son amour pour le quartier des Chalets, sa maison au numéro 13 de la rue, ou son attachement au club de Labège.  

"Je l'avais vu une fois, à Saint-Aubin"

À l'extérieur, c'est plutôt à un autre endroit que ces Toulousains avaient l'habitude de le croiser. "Ça fait un moment qu'on ne le voyait plus au marché Victor Hugo hein ?" interroge une dame. "Si, je l'avais vu une fois, à Saint-Aubin, mais ça commence à faire" lui répond l'homme à ses côtés. Signe que Justo avait bien ses habitudes dans la ville rose. 

Retour sur les bancs de l'église. Ou plutôt près de l'autel. Philippe Diallo, tout nouveau président de la FFF par intérim y va également de son hommage. "Je ne l'ai jamais vu jouer, mais n'est-ce pas la le signe des grands joueurs dont le nom et l'histoire rentrent dans le patrimoine mondial du football" interroge-t-il. 

Assurément, à en croire les quelques jeunes têtes aperçues dans la foule. Toutes, ce sont bien les têtes blanches qui se distinguent bien plus que les têtes blondes. "J'avais douze ans en 1958, ce sont mes premiers souvenirs de football" explique un homme, veste verte et casquette sur la tête, qui n'a pas trouvé de place assise. Il regrette : "Il n'en reste plus beaucoup maintenant de cette génération".

Le héros de 1958

Avant Fontaine, Kopa, Jonquet ou encore Vincent s'en sont allés. Les premières campagnes victorieuses de l'équipe de France et les plus belles années du Stade de Reims, assurément. L'actuel Président du club abonde en ce sens. "On a une histoire exceptionnelle que tout le monde nous envie, rappelle Jean-Pierre Caillot. Cette histoire elle a été bâtie grâce à des légendes dont faisaient partie Justo Fontaine et Raymond Kopa".

"Oh oui c'était quelque chose Reims à cette époque. C'était plus fort que l'OM aujourd'hui" nous dit-on sur le parvis de la place Saint-Etienne. "Je me souviens que quand ils venaient à Toulouse, c'était le match à voir" confirme un autre homme, plus loin. Mais la carrière de l'homme aux 291 buts s'arrête brutalement, sur une double-fracture de la jambe en 1960. Un poil mégalo, un badaud ose la comparaison avec sa propre carrière... en amateur : "Il s'est cassé deux fois la jambe, quel dommage qu'il ait du arrêter. Mais à l'époque, les meilleurs joueurs étaient souvent ciblés. Moi-même, on m'avait cassé la jambe, c'était presque en même temps que lui"

Alors que le froid commence à s'emparer du centre-ville toulousain, les discours ont laissé place aux lectures religieuses. Bientôt, le cercueil sort de l'église accompagné par la voix de Charles Aznavour qui l'assure "Nous nous reverrons un jour ou l'autre".

Le sourire de Guy Roux

Face au cercueil, à peine la dernière note de musique s'est-elle échappée de l'enceinte que quelques applaudissements spontanés se font entendre. De nombreux badauds se pressent autour des barrières. Quelques curieux aussi attendent à peine la fin de l'hommage, pour demander où sont les vedettes. Justement, en voilà une, au loin. Guy Roux bonnet vissé sur la tête et jamais avare d'un bon mot. Devant les caméras, il se remémore un des mille souvenirs qu'il gare de Justo et les "terrains pourris de Suède" de la Coupe du Monde 1958 ainsi que les buts et les joueurs "pas pourries du tout" qui avaient fait des merveilles balle au pied.

L'iconique entraîneur de l'AJ Auxerre se souvient également des déplacements, avec l'AJA à Toulouse, où Just Fontaine "venait dîner avec nous la veille. C'était un moment formidable pour les joueurs et pour moi-même. Il avait de l'esprit et il saisissait des détails qu'il ne fallait pas laisser passer" en rigole l'Icaunais. On n'en saura pas d'avantage. 

Plus dans les faits, moins dans l'anecdote, Philippe Diallo évoque plutôt "l'homme formidable, qui avait la joie de vivre et qui, malgré une blessure tôt qui l'avait privé d'une fin de carrière à continuer à s'impliquer devenant sélectionneur de l'équipe de France puis entraîneur du Paris-Saint-Germain."

Alors que le corbillard démarre et s'avance dans les rues de Toulouse pour emporter Just Fontaine vers sa dernière demeure, les souvenirs eux, restent. Eux-aussi, ces anonymes, l'auront accompagné jusqu'au bout. Un dernier souvenir de "Justo".

La cérémonie en direct

16h00 : la cérémonie se termine. Le cercueil sort de la cathédrale sous les applaudissements. 

14h37 : les hommages se succèdent au sein de la cathédrale Saint-Etienne, en présence de l'épouse de Just Fontaine, Arlette. Leur fille, Florence, s'exprime également. Elle parle notamment de l'humilité de son père et sa générosité au-delà du footballeur.

14h32 : C'est au tour du président par intérim de la FFF, Philippe Diallo de prendre la parole. Il explique toute son émotion lorsqu'il a serré la main pour la première fois à Just Fontaine. "Je ne l'ai jamais vu jouer, mais n'est ce pas la le signe des grands joueurs dont le nom et l'histoire rentre dans le patrimoine du football mondial." Aujourd'hui, "le football français rend hommage à cet immense footballeur."

14h30 : un anonyme s'est confié à notre journaliste, Léo-Pol Platet, présent sur place : "j'avais 12 ans en 1958, explique aujourd'hui cet homme âgé de 77 ans. Il représente pour moi mes premiers souvenirs de football. Il n'en reste plus beaucoup maintenant malheureusement."

14h:27 : à l'intérieur de l'église, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, évoque la vie dans la Ville rose de Just Fontaine, qu'il a découvert il y a 50 ans. L'élu rappelle que le footballeur vivait dans le quartier des Chalets, avait ses habitudes au marché Victor Hugo et près du club de Labège. Son caractère facétieux, jovial et simple a marqué l'ancien député de Haute-Garonne.

14h25 : à l'entrée, avec l'accord de la famille, des biographies de Just Fontaine sont installées contre un participation libre. L'argent récolté sera versé aux Resto du coeur.

14h20 : plus d'un millier de personnes sont venus rendre un dernier hommage à la figure du football français.

14h15 : de nombreuses personnalités, comme Guy Roux, ancien entraîneur de l'AJA, Frédéric Thiriez, ancien président de la Ligue de football, Jean-Pierre Caillot, l président du Stade de Reims, Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football, sont présentes aux côtés de la famille de cette "figure emblématique" de l'équipe tricolore, décédé mardi à l'âge de 89 ans dans la Ville rose où il vivait, a annoncé jeudi la fédération dans un communiqué.

Just Fontaine était entré dans la légende avec ses 13 buts lors de la Coupe du monde de 1958 en Suède, où les Bleus avaient atteint les demi-finales pour la première fois de leur histoire, battus par le Brésil de Pelé.

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