Don du sang : vers la fin des discriminations envers les homosexuels, le collectif de Toulouse Homodonneur est vigilant

Supprimer, dans le projet de loi bioéthique, la discrimination envers les homosexuels pour le don du sang : un amendement en ce sens, du député PS de l'Ardèche Hervé Saulignac, a été voté en commission parlementaire. Mais le chemin est encore long pour le collectif "Homodonneur", basé à Toulouse.

Le collectif Homodonneur, basé à Toulouse, mène des actions pour contester la loi française qui exige encore 4 mois d'abstinence totale pour autoriser une personne homosexuelle à donner son sang.
Le collectif Homodonneur, basé à Toulouse, mène des actions pour contester la loi française qui exige encore 4 mois d'abstinence totale pour autoriser une personne homosexuelle à donner son sang. © Collectif Homodonneur
Un premier pas a été fait le 2 février dernier, quand la loi a été modifiée pour permettre à un "HSH" (homosexuel de sexe masculin) de donner son sang après 4 mois d'abstinence de tout rapport sexuel : c'était un progrès par rapport au délai d'un an exigé auparavant.
Mais pourquoi exiger l'abstinence totale de la part d'une personne homosexuelle, alors qu'une personne hétérosexuelle peut "se contenter" de justifier de 4 mois de monogamie ?
Cette discrimination, instaurée pour lutter contre la propagation du VIH (le virus du SIDA) existe encore, même sous une forme atténuée.
C'est pour la supprimer totalement, dans le cadre du projet de loi bioéthique, qu'un amendement en ce sens a été déposé par le député PS de l'Ardèche Hervé Saulignac, co-signé par une centaine de ses collègues.
Cet amendement a été voté ce mercredi 1er juillet par les membres de la commission parlementaire chargée de débattre et de mettre en forme ce fameux projet de loi bioéthique.

En 2022 peut-être

Cependant du côté du ministère de la santé on n'est pas aussi pressé d'effacer en intégralité cette loi discriminatoire.
Le ministre Olivier Véran a annoncé une nouvelle étude, courant 2021, pour évaluer les risques de transmission du VIH suite à une transfusion réalisée à partir du sang d'un donneur HSH.
Il a laissé entendre que cette étude pourrait déboucher sur l'abrogation de cette discrimination en 2022.
Mais le collectif "Homodonneur" basé à Toulouse reste circonspect.

Nous contestons les modalités de cette nouvelle étude, baptisée Complidon 2 et calquée sur la première (Complidon 1) : son résultat avait laissé planer le doute sur les risque d'infection au VIH en estimant qu'ils étaient 2 fois plus élevés pour un donneur HSH que pour un hétérosexuel, soit un tous les quatre millions trois cent mille dons (moins d'un par an). Il n'y a pas de raison que cette nouvelle étude donne un résultat différent. Nous ne voulons pas laisser ronronner la machine ministérielle. Nous demandons, à la place, à ce que des tests de dépistage systématique soient effectués sur les personnes transfusées, 4 mois après cette transfusion. C'est la seule méthode dont les résultats seront véritablement fiables.

Frédéric Pécharman, membre du collectif Homodonneur

Pour appuyer cette revendication, le collectif place une partie de ses espoirs dans une "question au gouvernement" que le sénateur PS de l'Aisne Yves Daudigny doit poser incessamment au ministre Olivier Véran.
Les militants toulousains de Homodonneur se sont également mobilisés pour une action à la fois symbolique et spectaculaire, le vendredi 12 juin dernier place du Capitole devant la Mairie de Toulouse, à l'occasion de la journée mondiale des donneurs de sang.
S'ils ne sont pas entendus par le Ministre il est probable qu'ils mènent de nouvelles actions dans les semaines ou les mois qui viennent.

L'Italie donne l'exemple

Deux chiffres statistiques semblent aller dans le sens de ce qu'ils revendiquent :
Dessin signé Nawak illustrations pour le collectif Homodonneur
Dessin signé Nawak illustrations pour le collectif Homodonneur
Il est vrai qu'en cette période de déconfinement post-Covid, les réserves de sang, tout comme le nombre de dons, ont dramatiquement baissé en France.
Les militants pour l'égalité totale entre donneurs hétérosexuels et homosexuels posent donc la question : "dans cette urgence, peut-on s'offrir le luxe de refuser toujours l'accès libre au don du sang à toute une catégorie de potentiels donneurs volontaires ?"
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