Douze ans de prison pour proxénétisme : "C'est un soulagement pour ma fille", témoigne la mère de la victime

L'homme qui a violé, frappé, et obligé une jeune toulousaine à se prostituer, a été condamné à 12 ans de prison. Une libération pour sa mère, qui s'est battue pendant quatre ans pour sauver sa fille de cet enfer.

La cour criminelle de Pontoise (Île-de-France) a condamné Brice P., 21 ans, à 12 ans de réclusion criminelle pour proxénétisme, violences, viol et séquestrations sur son ex-petite amie, Assia. La jeune fille, originaire de Toulouse, avait porté plainte en 2021, grâce à la persévérance de sa mère. 

"Un soulagement" mais "rien ne pourra être réparé"

"C'est un réel soulagement, par rapport à ma fille. Elle s’est exprimée pendant deux heures à la barre, et a été reconnue comme victime", juge la maman, Jennifer Pailhé. 

Malgré cela, un autre sentiment subsiste, teinté d'une rancœur profonde. "En tant que mère, la condamnation ne me satisfait pas totalement. Ce n'est pas une peine exemplaire, et ça ne pourra rien réparer", admet Jennifer Pailhé. 

Surtout, la mère et sa fille vont encore être dans l'attente d'un potentiel appel du clan de la défense pendant 10 jours. Un nouveau délai après quatre ans de bataille. "Aujourd'hui, Assia se sent bien, alors qu'elle pensait qu'elle allait être au bout de sa vie" ajoute Jennifer Pailhé, qui craint forcément un nouveau jugement en cas d'appel. 

Emprise

Pour Jennifer Pailhé, la mère, cette condamnation intervient donc à l'issue d'un combat de quatre ans. L'individu condamné frappait sa fille, la violait et la forçait à se prostituer. Amoureuse, Assia, 15 ans au moments des faits qui se sont déroulés entre 2019 et 2020, ne se rendait pas compte de la situation. 

Sur fonds de drogue et de passes dans des hôtels, le jeune homme proxénète utilisait tout l'argent récolté sur le dos d'Assia, sans aucune considération pour la jeune fille. 

Jennifer Pailhé tentait par tous les moyens de sauver sa fille de cette situation. Preuve de son courage et de son abnégation, elle la suivait sur différents sites d'escorts girls, alors qu'Assia avait fugué du domicile familial. Plusieurs mois plus tard, Jennifer Pailhé parvient à convaincre sa fille de porter plainte, en 2021. 

Une association créée en aide aux victimes 

Depuis, la maman a créé une association, "Nos ados oubliés", afin de soutenir les jeunes femmes victimes de prostitution. "On propose un accompagnement juridique aux parents, des activités comme du sport, ou des ateliers d'estime de soi ou de consentement", détaille Jennifer Pailhé. 

En France, entre 7.000 et 10.000 mineurs seraient prostitués.