Emeutes suite à la mort de Nahel : les observateurs des Pratiques Policières pris à partie par les forces de l'ordre à Toulouse

L'Observatoire toulousain des Pratiques Policières dénonce le traitement réservé à quatre de ses membres lors d'un rassemblement faisant suite au décès de Nahel, vendredi soir 30 juin en centre-ville. L'Observatoire parle de "violences physiques et verbales" de la part des policiers.

Quatre membres de l'Observatoire toulousain des Pratiques Policières dénoncent le traitement qu'ils ont subi, lors d'un rassemblement organisé vendredi soir 30 juin dans le centre-ville de Toulouse, à l'occasion de la mort du jeune Nahel.

Créé en 2017, cet organisme qui travaille avec le Syndicat des Avocats de France, La Fondation Copernic et la Ligue des Droits de l'Homme, documente le maintien de l'ordre lors des rassemblements et des manifestations.

Les observateurs repoussés à coups de boucliers

Dans un communiqué, l'Observatoire détaille le déroulement de la soirée du vendredi 30 juin. Il explique que la présence d'observateurs en chasuble jaune et bleue avait été signalée en amont à la préfecture de Haute-Garonne et que l'OPJ (Officier de Police Judiciaire) en charge des opérations sur le terrain est témoin de la présence des observateurs.

La séquence décrite par l'Observatoire des Pratiques Policières démarre à 20h50. "Les observateurs filment (c’est le début d’une séquence vidéo de 4 minutes et 44 secondes) ce même OPJ qui procède à des sommations extrêmement rapides, puis les policiers avancent en direction des personnes rassemblées qui, eu égard à la brièveté des sommations, n’ont pas eu le temps de se disperser."

Les policiers, CDI - Compagnie Départementale d’Intervention- toulousains et CRS, poussent sans ménagement, avec des coups de bouclier, les personnes rassemblées en direction de la rue Gambetta. Les observateurs suivent, en filmant avec leurs smartphones, le cordon de policiers qui progresse rapidement.

Observatoire toulousain des Pratiques Policières

Les observateurs suivent les policiers dans la rue Gambetta pour filmer leur intervention. Ils se positionnent sous un porche " à l'écart des manifestants pour laisser passer les policiers".

C'est à ce moment-là, détaille le communiqué de l'Observatoire, qu'ils sont "dégagés manu militari par les CRS (fin de la séquence vidéo) avec moultes menaces verbales auxquelles, avec beaucoup de sang-froid, ils ne répondront pas sachant que toute réaction pourrait être assimilée à un acte de rébellion...".

Ils seront ainsi repoussés violemment avec des coups de boucliers sur plusieurs dizaines de mètres. Quand, enfin, les policiers stopperont leur progression, (...) une vingtaine se réjouiront visiblement du sort qui a été réservé aux observateurs tout en les invectivant.

Observatoire toulousain des Pratiques Policières


L’Observatoire toulousain des Pratiques Policières conclut en protestant contre ces "violences physiques et verbales dont ont été victimes les observateurs ce 30 juin 2023".

L'organisme toulousain précise que ses membres sont protégés par le droit international en ce qu’ils « jouent un rôle particulièrement important pour ce qui est de permettre la pleine jouissance du droit de réunion pacifique (...) Il ne peut pas leur être interdit d’exercer ces fonctions, y compris en ce qui concerne des actions des forces de l’ordre".